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Publication : 17 mars 2014

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1270

Comment réussir à s’intégrer dans la vie active ? Un témoignage d’une jeune femme de 25 ans empreint d’amertume.

J’arrive à la fin de mon parcours, et je découvre qu’on m’a menti. Que la voie qu’on m’a fait prendre ne m’offrira pas plus de travail, que je vais probablement me retrouver au chômage longtemps. Je découvre que ce que j’ai mis en œuvre pour éviter la pauvreté dans laquelle mes parents, mes sœurs et moi, avons vécu… Cela n’aura servi à rien.


11 commentaires :

  • Bonsoir
    J’ai lu votre récit avec beaucoup d’intérêt
    Une constante de l’enseignement supérieur est d’accueillir , je crois , 2 ou 3% d’enfants de la classe ouvrière
    Pas de quoi être fier pour un système fait d’abord pour ceux qui en détiennent les clés via leur leur milieu social d’origine ( La reproduction à l’infini du même pour les mêmes)
    Par contre, je n’ai pas bien compris ce que vous souhaitiez faire comme activité professionnelle.
    Un parcours n’est pas forcement linéaire ,
    Même si quelque chose n’est pas immédiatement accessible, cela ne veut pas dire non accessible
    Rien n’est inutile à l’aune d’une vie


  • Votre récit montre bien le parcours du combattant des personnes de classes sociales démunies.Déjà,je vous dis bravo pour l’obtention de vos diplômes.Et surtout,surtout,je vous dis de ne pas baisser les bras que la lumière est toujours au bout du tunnel. Vous avez vécu des échecs,pas des erreurs,vous n’avez pas commis d’erreurs. Le tout, pour vous est, selon moi, de tirer parti de tout cela afin de vous permettre de rebondir.
    Courage à vous.


  • Bonjour,
    Que d’amertume dans votre récit.
    Un parcours bien difficile.
    Vous ne précisez pas quel type d’études vous avez suivi
    Je pense qu"avec votre niveau d’étude vous allez pouvoir rebondir même si ce n’est pas dans la branche dont vous rêvez.
    Vous avez des compétences qui peuvent surement être transversales et donc utilisables sur d’autres activités.
    Il ne faut pas vous décourager.
    Je sais que le fait de venir du "monde ouvrier" multiplie les difficultés, personne pour nous conseiller, pas de réseaux de connaissances pour trouver des stages intéressants ...J’ai vécu cela moi aussi il y a bien longtemps.
    Mais il faut croire en votre capacité de rebondir et penser que toutes les expériences sont enrichissantes.
    Et surtout ne pas baisser les bras. Courage.


  • Bonjour Clotilde, Marie, Jocelyne,

    Je vous remercie d’avoir pris de votre temps pour lire ce récit.
    Je n’ai pas souhaité - par souci d’anonymat, vous me comprendrez - dire exactement ce que je souhaite faire comme activité professionnelle, mais sachez que je me dirige vers un secteur extrêmement porteur ... selon les statistiques.
    Je vous remercie pour vos encouragements qui me donnent plus de force pour ne pas baisser les bras et continuer cette lutte.


  • gavroche :
    la précarité n’est que précaire quelque-fois et moi qui en suis à mon deuxième surendettement à 47 ans sonné
    j’ai été très énervé par votre récit, être pauvre n’est pas un défaut, c’est un état, une qualité quelquefois, je dirais même une volonté pour s’en sortir. J’ai deux enfants et un travail petit je pense que la pauvreté je n’en sortirai pas. Deux solutions se mettre une balle ou se battre et mourir dans le combat, j’opte pour la seconde après vaille que vaille. Ah si j’oubliai, rien n’est jamais inscrit, un obstacle c’est un obstacle pas un clivage, pas d’assurance à méditer par contre une réussite, la beauté d’une vraie parole, l’authenticité d’un vrai combat de chaleur et de profondeur à méditer cher ange, à concaténer


  • Il arrive souvent et depuis longtemps que des études ne mènent à rien. On abuse les jeunes pour des raisons et intérêts dont je discerne : 1) tant qu’un jeune galère ainsi il ne gonfle pas les statistiques du chômage, sans quasiment rien coûter.2) les profs du supérieur ont intérêt à leur faire croire à un avenir professionnel brillant pour conserver leurs postes et avantages.3) l’enseignement coûte moins cher par tête que la prison ou les révoltes sociales . Triste réalité qui ne me rend pas cynique mais bien triste.


  • Bonjour Ange V,

    Récit poignant et oh combien éclairant. Comme toujours, on est confronté à des remparts de papier. Mais au final, le problème ne concerne ni les études ni la compétence. Il relève d’un climat général. Qui fait que les entreprises à peu près viables et en mesure de fournir un emploi entendent en tirer le maximum d’avantages. Et ce faisant, elles contribuent à couler ce qu’il reste de l’économie.

    Comment dans ces conditions espérer construire une famille ? Tu peux aller voir le récit que je fais à propos de mon fils [ http://raconterlavie.fr/recits/la-place-des-jeunes/ ]. Qui confirme que c’est une génération qu’on est en train de sacrifier. Evidemment, dans ce contexte de raréfaction de l’emploi où les places sont chèrement monnayées, ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement social favorable ou, encore mieux, d’un solide piston seront servis après les autres.

    Le problème est que, malgré ce chômage massif, on ne fait rien pour faciliter la création de sa propre activité. Comment s’étonner que les électeurs se détournent des urnes ?

    Amicalement
    Franz


  • Cher Clausse, Cher Franz,

    Merci pour vos commentaires qui donnent des réponses éclairantes.
    En effet, j’en viens aux mêmes conclusions que vous quant à l’intérêt porté aux étudiants, loin d’être dans leurs intérêts à eux.
    J’ai voulu écrire ce récit des suites d’un article sur le sentiment de révolte chez les jeunes de ma génération, et surtout par rapport aux commentaires des lecteurs. Ce que j’ai vu, c’est que la majorité d’entre eux jugeait les jeunes responsables de leurs échecs : "ils ont eut la chance de faire des études, qu’ils ne se plaignent pas", "ça leur apprendra à snober les métiers qui salissent les mains à ces enfants pourris gâtés" ... Face à de telles réactions, comment ne pas s’indigner ? Ces réactions n’expliquent-elles pas la dégradation des conditions de vie des jeunes ?

    Franz, j’ai lu avec grand intérêt et émotion votre récit, et c’est avec ces mêmes sentiments que je vais le relire !

    Amicalement,

    Ange V


  • Cher Ange, votre dernière intervention me rappelle ce qu’on disait des étudiants en mai 68 !... et un commentaire de Michel Serres qui remarquait qu’après Freud et la découverte du désir symbolique de tuer le père, le vingtième siècle a vu le meurtre en masse des fils par millions. Je ne peux me résoudre à accepter ce suicide social à l’encontre de la jeunesse et de la culture. J’ai été prof de maths pendant 40 ans sans pouvoir rien faire ni seul ni avec la solidarité de mes semblables pour enrayer ce déclin qui n’était pas que le mien.


  • Bonjour Ange, merci pour votre texte, nous partageons une part de détresse identique pour d’autre raison, nous sommes proches...la fin de votre texte se conclut par le fait que vous ayez eu le malheur de croire, je suis persuadé au contraire qu’il faut une foi à toute épreuve pour avancer, nous avons des épreuves des maux, mais ils sont un sel à notre vie, je ne suis pas croyant ni moraliste et encore moins juge, et j’aime à lire dans Sartre le fait de l’être et du néant le choix entre le fait de l’existence dans sa brutalité qui ne nous ramène qu’à nous, pour ma part je crois en vous, et j’aime votre récit qui est offert comme un cadeau. Merci


  • Edifiant votre récit, que je viens de lire. En effet, épuisante est l’énergie qu’il faut déployer pour sortir de la place, de la case que vous a assigné la "Société" au départ...
    Mais de l’énergie, je crois que vous en avez à revendre, c’est pourquoi vous devriez en sortir par le haut.
    J’ai connu autrefois un cas de figure du même ordre, mais les données étaient bien différentes...
    Bonne chance.
    Jean-Charles Lapierre



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