Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Marie-Paule Dessaint

Je suis coach de vie (certifiée ICF) et animatrice de stages de préparation à la retraite. Auteure aussi de plusieurs ouvrages dont un consacré aux récits de vie ou plutôt aux relecture de vie qui vont beaucoup plus loin que le simple (mais déjà fantastique) récit de vie, 21 personnes se sont confiées à moi et ont accepté de livrer leur récit en totalité. Je ne dis pas cela pour faire la promotion de mon livre, mais pour dire à quel point ce projet de récits de vie Raconter la vie, est un merveilleux cadeau que les éditions du Seuil nous fait à toutes et tous.

Je suis née en France, mais je vis au Québec. Mon site : marie-paule-dessaint.com


Récit

Expatriée  

Une voix française installée au Québec.

Quand mon conjoint et moi, à peine mariés, avons pris le bateau pour venir au Québec, nous ne pensions pas nous y installer pour toujours.

Illustration de Piem :

Publication : 21 mai 2014

Durée de lecture : 12 mn

Nombre de mots : 2430

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Ses derniers commentaires

  • Cela me rappelle tellement notre première année au Québec il y a plus de 40 ans. Boulots « de merde » mal payés malgré des études universitaires. Mais ce que je sais, c’est que les gens qui acceptent des boulots de merde plutôt que d’attendre assis sur leur chaise le boulot rêvé finissent par s’en sortir plus rapidement, en mieux.C’est la voie que vous avez choisie et elle est très courageuse.

    A travers les boulots de merde, les rencontres, l’expérience... Se trouver là, au bon endroit et au bon moment. À condition de ne pas accepter de se faire ainsi exploiter. Comme quoi, quand on est dans la... merde, il y a toujours moyen de s’en sortir par la volonté ; comme celle que vous avez. (Je me sens un peu mémère en écrivant cela, je veux surtout dire que j’admire votre détermination).

    Mon premier emploi... de prof, je l’ai eu grâce à un vendeur de voiture d’occasion à qui nous avons acheté notre première voiture. Sa femme était enseignante et nous a appris qu’il manquait de profs. Et le reste a suivi. Par mes efforts aussi.

    Je suis à Montréal et... j’aurai peut-être un petit (court dans un premier temps) boulot sympa et surtout pas de merde, à vous proposer.... avec une caméra entre les mains. Je ne garantis rien, je veux vous connaître avant.
    A bientôt

  • Le nord des mines ? De la France ?

    Je suis une chti’timi (zut, je ne sais plus l’écrire),,, de Liévin. Oups...Ti j’te reconnos t’es m’in coin (oui, bon, pour l’orthographe... je ne sais plus)

    En tous cas, je me sens encore expat. Mais je connais des Français qui se sont totalement intégrés, probablement parce qu’une partie de leur famille les a suivis, ce qu n’est pas le cas, dans mon cas. Le Québec n’a pas « excité » ma famille au plus haut point. Ils n’ont pas vu. Mais nous, mon ex et moi, nous ne fuyions pas quelque chose. Notre vie aurait été plus « riches » en France, Mon père était médecin et les parent de mon (ex) conjoint toujours ami commerçants. C’est le Québec des années 70, en pleine effervescence qui nous a plu.

  • Vous êtes,,, adorable (votre commentaire)

    Je me rends compte que, dans mes commentaires, je mets trop l’accent sur les irritants... irritants alors que mon intention première était de parler de l’expatriation et du profil (positif) de certains expatriés : ouverture sur le monde, capacité d’adaptation au changement (en le recherchant encore et encore), curiosité intellectuelle (et autre), besoin d’apprendre. Mais là encore, une personne n’est pas obligée d’être expatriée pour cela.

    Ces problèmes existent partout, bien sûr, même entre gens du même pays, de la même ville, du même immeuble...
    La seule différence est celle-ci : quand un Français me dit des choses déplacées, je peux l’envoyer promener (lui répondre) puisque nous sommes à égalité. Ici, je vais automatiquement offenser,, car je ferai jamais partie de la « gang »,, même après 40 ans. Ceci étant dit, ces Irritants ne m’empêchent pas d’aimer beaucoup le Québec puisque j’y suis encore. Même si je ne suis pas membre du parti Québécois, le dernier discours de madame Marois, très noble et sans acrimonie, pour une fois, m’a rappelé pourquoi j’aimais tant le Québec.

  • J’aime votre commentaire. Oui ce n’est pas typiquement québécois, mais plutôt typiquement ce que l’autre, « l’étranger » a de plus ou de moins que soi. Un ami Québécois me racontait que lui même était considéré comme un étranger dans cette ville qui n’était pas celle où il était né. C’est partout la même chose, mais plus dur quand on doit toujours être celui qui se fait tout petit... Surtout que nous avons ici des gros problèmes avec le système de santé. Un jour je suis arrivée à l’hôpital avec une péritonite car le médecin vu en urgence (pas mon médecin) n’avait pas diagnostiqué une crise d’appendicite... L’infirmière répartitrice m’a demandé pourquoi je n’allais pas me faire soigner chez moi !!! Je paye pourtant une petite fortune en assurance santé en plus de la carte maladie que nous avons tous.
    Tout le monde n’est pas comme cela, bien sûr, mais ça marque !!

    Quand j’étais à l’école (en France) avec 2 ou 3 copains et copines, nous nous étions inventé un pays, à notre façon. Nous l’avions même dessiné dans un cahier que nous nous passions... pendant les cours. Nous avions créé un gouvernement, une politique qui nous convenait, etc.

    Bon, je m’amuse et j’aime bien lire ce que les autres écrivent. C’est enrichissant. Merci encore.

    Je ne connais pas la BD Magasin Général. Je vais aller voir cela de suite...

  • « Tiraillé entre l’enthousiasme et un raz le bol chronique » : j’adore, c’est bien cela !

    Merci, merci pour votre commentaire. C’est bon de ne pas se sentir seul(e) à... ressentir ces choses. Pour vous, c’est plus facile d’aller faire un tour en France... sur un coup de tête, puis de rentrer « chez vous », en Allemagne quand vous en avez assez. Quand je vais en France, j’ai l’impression d’être.. chez moi : la terre, la mer, les montagnes... il faut tout voir et faire, vitre, vite avant de rentrer....
    Cela m’est déjà arrivé, autrefois, d’aller passer un week-end dans ma famille pour les 70 ans de mon père et un baptême.