Mon combat !^ Cõ^ CõBOOKMOBI∑≥ņźŐ"c2Į7£7ż8n5◊MOBIŤżť"≤ŐŁˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇˇ0 @ˇˇˇˇEXTH8dCASTRO SteeveiUnknown subjectMon combat ! Mon combat !

== Partie 1 == Rupture
Je ne reviendrai pas sur la partie o√Ļ Mme m’a quitt√© car ce n’est pas le but de ce post.
Mme a donc d√©cid√© de mettre un terme √† notre relation, coup dur pour moi, qui sortais juste la t√™te de l’eau apr√®s avoir pass√© 9 ans avec une manipulatrice et menteuse.

Vendredi
Grosse déception, remise en question, phase de doute encore plus intense, je me voyais plongé dans le gouffre le plus profond.

Tiens, c’est le d√©but de ma semaine de garde partag√©e avec les enfants, √ßa me va faire du bien et m’occuper l’esprit.
Manque de pot, je n’ai fait que ressasser tout √ßa pendant l’apr√®s-midi.
Invocation de mes amis les plus fid√®les, ce soir je cuisine pour tout le monde pendant que les enfants sont √† l’√©cole.
Bien s√Ľr, m√™me en cuisinant comme un forcen√©, je ne fais que penser √† elle et je sauve in extremis la tartiflette pr√©par√©e avec amour.

Le vendredi soir se passe bien, les amis et leurs enfants m’occupent l’esprit.

Samedi
D√®s le r√©veil je savais que j’allais passer une journ√©e de merde, il pleut √† torrent, les gamins se sont lev√©s t√īt et j’ai un marteau-piqueur doubl√© des Rita Mitsuko qui me mart√®le le cr√Ęne.

Premier réflexe, vite un cachet pour la tête.
Merde, c’est vrai que j’habite chez moi maintenant et je n’ai pas pris ma pharmacie perso.
Ça commence bien.

Dans la journée, entre deux tasses de café, clopes, je vaque à mes occupations, je me tape tout un tas de vidéos bizarres présentées par un mec à bonne mine nommé Antoine.
Je me dis que je pourrais tenter le coup, foutu pour foutu !
Au hasard, de mes explorations, je re√ßois une notification FB d’une amie.

Je regarde et je tombe sur un post d’un mec qui habite pas tr√®s loin de chez moi.
« Si vous connaissez quelqu’un d’extr√™mement d√©muni dans votre entourage ou sur le trottoir en face de chez vous... quelqu’un qui aimerait s’en sortir mais que la vie n’√©pargne pas... j’ai un studio au centre-ville d’Avignon que je mets √† disposition gratuitement jusqu’au mois de juillet pour aider cette personne √† reprendre pied.... Partager en masse. »

Merde, ce post m’interpelle.
Je regarde attentivement les partages, les commentaires, les réponses du mec en question.

Je me dis beau geste, puis par curiosit√© je m’en vais consulter sa page perso.
Et là le masque tombe.
Le mec a eu que des merdes, est s√©par√© et a du mal √† voir son fils et pourtant, il a encore la force d’avoir le cŇďur sur la main.
Je me prends une gifle √©norme dans la gueule, et je me dis que finalement avec mon petit d√©boire amoureux, je n’ai aucune le√ßon √† donner.

Je d√©cide quand m√™me d’√©crire au mec en question, juste pour lui dire ce que je pense :
« F√©licitations pour ton offre de pr√™t d’un studio. C’est tr√®s g√©n√©reux de ta part, on se doit tous √† notre √©chelle d’aider les plus d√©munis m√™me le simple fait de leur parler leur redonne confiance en l’humanit√©. Tu as l’air d’√™tre quelqu’un qui a assez morfl√© mais qui sait rebondir, et ce d’une tr√®s bonne fa√ßon. Je te souhaite d’avoir enfin le bonheur que tu m√©rites.
En tout cas, ton fils a un sacr√© exemple √† suivre dans la vie. Les enfants ont ce don magique de faire ressortir le meilleur de nous et savent nous donner la motivation n√©cessaire pour aller de l’avant.
Amicalement.
Steeve »
Je vais me coucher, √©norm√©ment troubl√© par cette histoire en me disant qu’au fond c’est s√Ľrement lui qui a raison.

== Partie 2 == Regrets

Nuit tr√®s agit√©e, le genre de nuit o√Ļ tu es entre une phase de sommeil l√©ger et d‚Äô√©veil.
Beaucoup de choses me traversent l’esprit, j’ai l’impression d’√™tre sur mon lit de mort en train de faire le bilan de ma vie.
Mes peines, mes joies, mes d√©ceptions, mes histoire amoureuses, mon parcours professionnel, la famille, les enfants, les √™tres chers perdus, mes d√©sillusions s’entrechoquent dans mon esprit comme une d√©ferlante sur une bou√©e de sauvetage.
Je perds litt√©ralement pied face au constat que ma vie est maussade et que j’en suis le seul et unique responsable.
Car oui, nous sommes tous responsables de nos vies, et la seule personne capable de changer cela, c’est nous.
Il m’a fallu attendre d’avoir 40 ans pour faire le bilan de ma vie, 40 ans √† me prot√©ger des autres et ne laisser accessible mon espace vital qu’√† une poign√©e de personnes √† qui j’ai d√Ľ faire les pires tests, juste pour √©viter d’√™tre bless√©.
Je r√©alise que je me suis √©loign√© de gens tr√®s bien juste parce qu’√† l’√©poque j’ai √©t√© un tel con que je faisais une croix sur la moindre personne qui ne correspondait pas √† mes crit√®res.

Ne pas parler aux inconnus, ne pas explorer d’autres horizons, me laisser aller tranquillement dans cette vie qui a tant √† offrir et dont on se contente si peu.
Nos petites habitudes, nos amis, en évitant soigneusement le moindre caillou qui pourrait se mettre dans le rouage de cette vie imparfaite mais qui semble convenir.

J’ai le go√Ľt amer des regrets dans la bouche.
Et c’est dur √† avaler les regrets ; les remords je m’en accommode sans soucis.

Je me rappelle alors une phrase que me r√©p√©tait l’homme le plus important de ma vie, mon grand-p√®re, celui qui a toujours cru en moi, celui qui m’a √©lev√© parce que mes parents m’ont eu trop jeune, parce qu’√† 20 ans on ne s‚Äôembarrasse pas d’un gamin qui est le fruit d’une erreur.
Celui qui m’a aid√© √† traverser tant de moments d√©sagr√©ables, celui qui avait de la peine d’avoir perdu un fils mais qui jamais ne le montrait.
Celui qui s’interposait de toute sa force lorsque mon p√®re me cognait √† la moindre connerie.
Celui qui ne me jugeait pas lorsque je pleurais, qui m’offrait ses bras pour me r√©conforter et qui avait autant de peine que moi.
Ce genre de force de la nature que rien ne semble atteindre, ce type d’homme que tu regardes fi√®rement en te disant qu’il sera toujours l√† et que m√™me la mort ne pourra lutter.
Celui qui est parti et √† qui je n’ai pas pu dire au revoir et merci.

Cet homme me disait souvent : « Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets ».

Et putain, il m’a fallu tant de temps pour le comprendre.
A force de prendre des coups, on se forge une telle carapace qu’on devient un autre et au fur et √† mesure du temps, notre v√©ritable personnalit√© disparait au profit d’un autre.
Et qu’ai-je gagn√© ? En suis-je plus heureux pour autant ? Se fermer aux autres pour ne pas √™tre bless√©, c’est la vie ?
Non, ce n’est pas la vie que j’ai envie de mener √† pr√©sent.

== Partie 3 == Les enfants

Avant de poursuivre, je vais faire quelques petits apartés sur les autres protagonistes de mon histoire.
Je sors donc d’une relation qui aura dur√© quasiment 9 ans avec la m√®re de mes enfants.
Depuis plus d’un an et demi, notre couple √©tait au bord de la rupture, nous nous comportions comme deux colocataires, chacun s’occupant comme il le voulait mais en gardant l‚Äôapparence d’un couple uni pour le reste du monde.

Au d√©but d’ann√©e, la situation s’envenima, chacun commen√ßait √† aspirer √† d’autres choses de la vie. Nous avons donc pris la d√©cision ensemble de mettre un terme √† notre relation, fait chambre √† part le temps que je trouve un appartement.

Pourtant il n’y a pas d’animosit√©, pas de rancŇďur, pas d’envie de d√©truire l’autre, nous sommes pour l’instant anim√©s tous les deux par la volont√© de pr√©server nos enfants de toute cette guerre qui leur ferait plus de mal qu’autre chose.
Nous avons donc proc√©d√© par √©tape, nous alternions les semaines de garde m√™me en vivant sous le m√™me toit, pour que les enfants s’habituent √† n’avoir qu’une seule figure parentale qui s’occupe d’eux.

C’est dur √† dire mais nous n’avons jamais √©t√© aussi unis dans nos d√©cisions et actes qu’√† ce moment.
Nous √©coutons le d√©sir de nos enfants, nous ne restons pas fixes sur notre garde altern√©e, parce qu’apr√®s tout, eux n’ont rien demand√© et ne font que subir le divorce.
Bien s√Ľr, nous leur avons expliqu√© la situation tous les deux plusieurs fois, ils n’ont que 5 et 7 ans mais les enfants ressentent les choses et les comprennent, bien plus que nous pourrions l’imaginer.
Ils sont tout √† fait conscients que m√™me si papa n’aime plus maman, papa restera papa toute leur vie et maman aussi.

On a souvent l’envie de pr√©server nos enfants de beaucoup de choses, on √©vite certains sujets avec eux pensant que c’est trop t√īt, qu’ils auront l’occasion d’en apprendre plus sur la vie plus tard.
Il faut quand même leur expliquer des choses avec des mots choisis, avec patience mais ils en sortent plus riches et deviendrons certainement des personnes plus accomplies que nous.
Nos enfants doivent être un moteur dans notre vie, et nous devons être un moteur dans la leur. Pour cela, il faut les traiter non pas comme des enfants mais comme des adultes en devenir, la différence est minime mais cela fait tout.

Il faut leur inculquer certaines bases, le respect avant tout, la politesse, la v√©rit√©, le travail, l’argent, la famille, les amis.
En parlant d’amis, mon fils de 5 ans est capable d’expliquer √† un adulte la diff√©rence qu’il y a entre amis et copains. Parce que oui il y a diff√©rence, il vous d√©crira avec ses mots √† lui mais en fait oui il r√©sume assez bien la situation. Les copains, ce sont des gens de son √Ęge avec qui il joue √† l’√©cole, les amis se sont ceux qu’il voit en dehors de l’√©cole parce qu’il les appr√©cie et qu’ils comptent pour lui.
C’est assez fou de se dire qu’un ptit bonhomme qui n’est qu’au pr√©lude de sa vie comprend d√©j√† certaines subtilit√©s qui nous √©chappent parfois √† nous les adultes.

On croit que couvrir nos enfants de cadeaux et c√©der au moindre de leurs caprices les rend plus heureux mais c’est faux.
Un enfant n’a pas besoin de √ßa, il a besoin de la pr√©sence de ses parents et qu’on passe du temps avec lui √† jouer, √† discuter.
Nos vies sont tellement tr√©pidantes que nous passons √† c√īt√© de beaucoup de choses avec nos enfants.
En fait les le√ßons de vie, ce sont nos enfants qui nous les donnent et non l’inverse.
Les enfants ne jugent pas, ne critiquent pas, ne s’enferment pas comme nous sur des a priori, ils vont naturellement les uns vers les autres, sans faire de distinction de races, de couleurs, de religions ou d’handicaps.

Pourquoi suis-je en train de vous parler de mes enfants ?
Parce qu’ils me donnent des le√ßons de vie, et qu’en tant qu’adultes nous entendons nos enfants mais nous ne nous les √©coutons pas.
Les mots « entendre » et « √©couter » semblent signifier la m√™me chose pourtant la diff√©rence est subtile, mais lorsque nos enfants nous parlent nous avons plus tendance √† entendre qu’√©couter.

Ma fille de 7 ans m’a fait une r√©flexion il y a peu.
Elle m’a dit « Tu sais, papa, tu as le droit d’avoir un nouvelle amoureuse m√™me si ce n’est plus maman, j’esp√®re juste que ton amoureuse sera gentille avec toi ».
L√†, j’ai pris une grosse gifle dans la t√™te.
Elle a compris que papa n’aimait plus maman, et, m√™me si elle aime son p√®re et sa m√®re, elle ne d√©sire que notre bonheur.

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