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Publication : 10 avril 2014

Durée de lecture : 31 mn

Nombre de mots : 6290


7 commentaires :

  • Bonjour,
    Votre récit est bouleversant, littéralement. Il est tellement imagé que j’ai l’impression d’avoir voyagé dans vos existences, dans votre Histoire. Je suis aussi confronté à un handicap, celui de mon frère aîné. Je tente donc de vous comprendre, sans nous comparer. J’admire vos parents qui ont tout fait pour vous offrir une enfance "classique" ; même si je sais au plus profond de moi qu’un handicap ou une maladie qui touche un membre d’une famille bouleverse la vie. Votre histoire fait relativiser, merci.


  • Quand le handicap est normal. Parce qu’il est la vie aussi. Et que la vie, c’est aussi ça, parfois. Que la mort est au bout, pour Yannick, plus tôt, pour nous plus tard - en une exacte égalité que nous avons si vite fait d’oublier. Seules nos fragilités nous font nous ressembler. MERCI Magali.

    Pour lui, et pour vous - ce petit texte de juin 2012 :

    Pas encore, pas encore, pas encore.
    A pas veux, a rin fait, a pas piqure.
    Pas maintenant, pas maintenant, pas maintenant.
    Veux sortir, pas veux y aller, veux dormir.
    Pas toujours, pas toujours, pas toujours.
    Pas veux la terre dans la bouche, pas veux les planches, pas les vers.
    Veux des fleurs, pas plastique, des qui rient, des lys, des iris, des pivoines.
    Veux sortir, veux jouer avec les autres, ceux de l’allée qui descend.

    C’est qui ceux en noir ?
    Pourquoi i pleurent ? Pas pour moi. Moi, c’est déjà loin.
    Pourquoi i pleurent ? Comment l’est mort, lui ? Une voiture ? Un balcon ? Un fractus ?
    Pourquoi i pleurent ? Pas est triste. On va jouer. Tous ceux de l’allée qui descend.
    Faut qu’i partent ! Avant la nuit. Sinon fait noir. On va pas voir.
    Maintenant, maintenant, maintenant.

    Avril 1982-Janvier 1983

    Oh ! Tout petit. Pas grand. Pas peut jouer dans l’allée qui descend.
    Nounours. Peluche. Petite douceur.
    Attendre i se repose. Pas trop vite.
    Va grandir.
    Après, après, après.
    Pourra jouer.


  • Magali, Monsieur Barthelemy ne le dit pas mais je vous conseille d’aller lire son magnifique texte, "Le moteur du fauteuil" :http://raconterlavie.fr/recits/le-moteur-du-fauteuil/#.U0azxbeKDct
    A bientôt, Pauline


  • Merci Kahina et Monsieur Barthélémy pour ces premiers commentaires... Oui, le handicap est la vie sans être pour autan triste et déprimant. Finalement - c ’est un peu banal de dire ça - on est tous des humains ayant un certain laps de temps et chacun fait comme il peut. Bien à vous, Magali


  • J’ai lu votre récit ce matin et il m’accompagne encore. Il passe de l’écriture de l’enfance, vive et joyeuse comme elle, à l’écriture d’aujourd’hui encore teintée de cette vitalité malgré la tristesse de novembre. Vous écrivez "Tout est tout en même temps" et c’est aussi ce que raconte votre écriture.
    J’ai envie de prolonger.
    A l’école (je suis prof des écoles), j’ai trouvé très difficile d’accueillir du jour au lendemain des enfants plus ou moins lourdement handicapés. Des enfants qu’on n’avait pas l’habitude de voir rouler dans les couloirs, des enfants qu’on ne portait pas dans l’eau à la piscine, des enfants dont on ne comprenait pas toujours la diction… je ne savais pas faire. Au début, je ne savais pas que dans la relation, on oublie le handicap ; ne l’ayant jamais côtoyé, je ne savais pas qu’il est soluble dans la vie collective, le jeu, les échanges. Aujourd’hui, et bien que les conditions d’accueil ne soient pas idéales, je regrette qu’on ait cru bon pendant tant d’années de séparer ces enfants des autres, je regrette qu’on n’ait pas ouvert plus tôt l’école à tous les enfants.


  • Très beau témoignage, très poignant.
    Je suis un peu concernée par la question (maladie orpheline).
    Il montre notamment l’amour très présent dans votre histoire, et c’est bien là l’essentiel.
    Je vous serre dans mes bras (câlin américain).


  • Quel texte bouleversant ! merci car votre texte m’encourage, il me fait dire qu’un jour peut-être j’arriverai aussi à écrire sur mon histoire de "soeur de".



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