Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
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Publication : 10 janvier 2014

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1580

Relier les livres est un savoir-faire qui exige passion et volonté. Sandrine décrit le quotidien de son atelier de reliure, au milieu des livres, de la colle et des pinceaux, et des factures qui s’accumulent.

J’ouvre le livre, je le regarde bien, je cherche les raisons de sa maladie. Il est fragile, abîmé pour avoir été négligé, maltraité ou abandonné. Il a vécu. Comme son nouveau propriétaire.Je suis là pour le remettre en état.

Portrait de Sandrine Salières-Gangloff dans La Croix :


48 commentaires :

  • J’ai beaucoup aimé vous lire.
    L’amour du livre, du beau livre, ressort dans vos écrits.
    On ne peut faire votre métier qui n’est pas un métier des plus faciles, sans aimer les livres.
    Vous réparez la mémoire du monde.
    Vous êtes ma première lecture de "Raconter la vie".
    Vous souhaite une bonne soirée.
    Cordialement
    Anne-Christel


  • Un très beau texte en l’honneur du bel ouvrage.
    Vous mariez, avec aisance, propos techniques et envolées plus ou moins lyriques
    vous n’être pas simplement une dame de l’art (la forme) mais aussi du contenu
    je vais fouiner dans votre blog


  • Gardienne de "thresor", médecin des livres... J’ai beaucoup aimé votre récit d’une "vie-strapontin", le prix à payer souvent pour délit d’entêtement dans notre société.
    PS : Je ne connaissais pas la "gomme chaussette" , on dirait un titre de livre pour enfants :-)


  • Merci de vos commentaires.
    Je vais aussi aller voir les récits ;
    Ce sont de belles rencontres et je me sens presque embêtée de voir que cela vous plait ce que j’ai écrit.
    Je vis dans les écrits des autres , j’écris des billets d’humeur ( mauvaise .... :)
    devant le poids et l’inertie de cette époque.

    La gomme chaussette, c’est une sorte de chaussette remplie de gomme naturelle en poudre très fine.
    On la passe doucement sur la page à nettoyer et de fines particules s’échappent et roulent.

    J’ai trouvé excellent d’avoir la parole. et de pouvoir la partager. d’entendre des expériences de vies.
    Bon weekend à vous Et vraiment merci.


  • Vous faites un travail que vous aimez c’est votre trésor, vous avez ouvert le coffre, c’est tout plein de fils d’or.


  • Merci Monsieur.
    oui, je pensais ce matin, le mot trésor à perdu ses lettres, le ’H" est tombé.
    Je le restaure ce trésor et c’est c’est cela qui le constitue, l’amour de mon métier.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonjour

    J’ai beaucoup aimé votre texte. C’est le récit d’une passion où pointe parfois un peu de découragement. On a envie de vous dire : « n’y cédez pas ! La communauté des gens de Raconterlavie.fr vous entoure ! ». Mais nous ne vivons plus dans et par les contes de fée, n’est-ce pas ? N’empêche. Ce que vous faites est beau. Votre amour des livres parlent à toutes celles et ceux qui, comme moi, ne pourraient vivre sans les histoires, les découvertes, les promesses qu’ils recèlent et livrent à qui veut bien les fréquenter sans modération aucune.
    Certains, c’est vrai, sont épuisés par le don répété d’eux-mêmes. Merci encore de leur redonner vie. D’autres attendent une forme qui les mettra en valeur. Merci de mettre vos connaissances, votre intelligence et votre sensibilité à leur service. Car au final c’est nous que vous rendez heureux.
    Claudine Ducol


  • Oui, j’ai trouvé un lieu qui est multiple et un à la fois, qui fait du bien.
    Un repère de plus qui dit bien que ce nous donnons, n’est pas perdu. Qu’il faut tenir pour faire changer un peu notre monde. Il ne faut pas rêver, comme vous le dites, et les raisons d’arrêter mon métier sont nombreuses, des hauts et des bas qui font de la vie une mer un peu trop agitée.
    Ce parlement peut être entendu si d’autres gens tout comme moi refusent de vivre le désenchantement comme une fatalité.
    M. Rosanvallon a crée un endroit qui peut changer le cours des choses, en mettant à disposition sa voix et son influence, ses connaissances, ses réseaux d’influences, ses amis et d’autres personnes qui le suivent dans cette aventure. Pour en faire un outil de la parole efficace, larguant les paroles racistes, méchantes, malveillantes. Combien de nous ont été maltraités par le net ?


  • C’est aussi une réappropriation d’Internet lâché aux chiens, abandonné par un état qui ne veut que contrôler des contrevenants. La loi hadopi ... les droits fondamentaux bafouées au nom de la liberté d’expression. Je ne crois pas qu’il faille laisser faire.
    Internet est complémentaire du livre papier. Pour moi le livre ne va pas disparaître ... Il est la source du net.
    Seules les personnes qui peuvent profiter de cette grande confusion ont intérêt à bâillonner cette société. C’est difficile d’agir en bonne intelligence avec ces personnes à côté tout en continuant à se faire entendre et tant que la priorité sera donnée à cette valeur en tant que fin et non en tant que moyen, il sera difficile de convaincre. c’est aussi ce qu’on appelle le nerf de la guerre.
    J’ai décidé de l’appeler "ce qui ne doit plus être nommé".
     :-)
    Bon Dimanche,
    S.

    Bon Dimanche à vous.


  • Texte beau et intéressant sur un savoir-faire rare qui se perd. je n’ai qu’une chose à dire : Continuez !


  • Tellement de vérité dans votre récit. J’y retrouve nos instants de joie et nos désespoirs qui font le quotidien de notre beau métier. Il y a quelques années, j’ai quitté une grande société dans la quelle je ne me reconnaissais plus pour me reconvertir dans la reliure.Sans regrets ! Nous devons continuer à nous battre, par notre métier, contre les dogmes du toujours plus que nous impose les dirigeants de ce monde sans horizon.
    Tous mes voeux pour cette nouvelle année de livres à vivre.


  • Oh ! Merci Michel, je suis ravie que vous interveniez ! Oui, vous avez eu raison de faire ce choix, j’imagine difficile quand on a eu une autre vie professionnelle. Les lendemains sont plus aléatoires, il faut savoir gérer sur l’année plus que par mois.
    Merci beaucoup de ce commentaire,
    Où êtes vous installé, si ce n’est pas indiscret ?
    Je vous souhaite également une bonne année, comme à tous les membres de cette communauté, ce réseau !
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Vous avez un merveilleux métier, vous ressuscitez des livres car le livre c’est un texte mais aussi un bel objet que l’on aime regarder, feuilleter ..... Dans le "Joueur d’échecs" Stefan Zweig a écrit de très belles pages sur le livre, sur le plaisir de passer sa main sur une page, de sentir le grain du papier.....
    Heureusement, vous êtes là pour nous conserver le plaisir sensuel que nous donne un beau livre. Merci


  • Merci :)
    Oui je connais Stephan Zweig pour le raffinement de ses récits. Je vais relire le joueur d’echecs, je ne me souviens pas de ce passage.
    merci de me l’avoir rappelé.
    Ce métier est un lien aussi entre le monde artisan/ouvrier et culturel/de l’Art et des belles choses.
    Je m’y sens bien pour cette diversité. je pense que l’école a perdu cette diversité petit à petit. Vous êtes enseignante et quel métier difficile en ce moment !
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Mon atelier "Le Livre du Temps" se situe en Seine et Marne, au Nord de Meaux à 50 kms à l’Est de Paris.
    J’y pratique la reliure, la dorure ( titrage et petits décors ) et la restauration ( uniquement dans la mesure de mes modestes connaissances et de mes compétences ).
    J’ai eu l’occasion de visiter votre blog. Me permettez vous de vous contacter pour des explications complémentaires en ce qui concerne "la coque" ?


  • Pour M. Michel Gros :
    D’accord, oui bien sûr, il n’y a aucun soucis.
    Peut être pouvez vous m’appeler le mercredi après midi où je serai plus disponible pour vous répondre. merci à vous.
    S.


  • Bravo pour votre récit et votre passion.
    Maintenant,j’aimerais aussi comprendre pourquoi vos parents vous ont lâchée : c’est bien à cause du choix de ce métier à la fois manuel et artistique,et en tout cas si poétique ?
    Objet d’un autre récit de vie sur le fossé des générations ?
    Bien à vous,
    France.


  • Bonjour ,
    Raconter la vie m’a demandé également de raconter un peu plus. J’ai essayé sans pouvoir écrire un récit satisfaisant.
    Un de mes deux parents est décédé, l’autre est toujours en vie. Nous sommes encore en conflit.
    Notre famille est victime de son fonctionnement en vase clos, des névroses passées non résolues, qui se répercutent de générations en générations. Ce terreau, ces cendres ont permis à ma passion de se développer.
    Raconter cela c’est entrer dans un domaine plus psychanalytique et sortir du cadre des récits de "raconter la vie".
    Cela nuit à l’essence de ce petit texte qui dit la difficulté d’être entre deux mondes à une époque de mutation de la société et du monde du livre corrélativement.
    Il m’a fallu faire un travail sur moi énorme pour faire la part des choses. Expliquer les raisons du rejet de ma famille serait trop subjectif. Vous savez bien que le monde de l’argent est destructeur. J’ai fui et ils ne me le pardonnent pas.
    Je serai hors sujet.
    Mon parcours chaotique et riche en rencontre de personnes ressources peut montrer que l’amour de l’Art peut redonner confiance à d’autres personnes .
    Tout le monde manque d’argent en ce moment mais jamais autant que dans les milieux ou les gens sont réputés en avoir pour favoriser leurs enfants. la chute est d’autant plus haute pour les dits enfants le jour où le réveil se fait.
    Je suis tombée à 15 ans.
    merci encore pour votre intérêt.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonjour Sandrine,
    Dans l’histoire de chacun, il y a des blessures, qui viennent souvent de non-dits.
    Les blessures viennent souvent de l’enfance.
    L’ouverture sur le monde est quelque chose d’important et enrichissant pour l’individu.
    N’ayant pas eu de parents (et combien je les cherchais dans ma tête), j’ai certainement blessé sans le vouloir mes enfants. La formation au "métier" de parents n’existe pas et chacun le fait avec ses propres moyens et son vécu.
    Heureuse pour vous que vous ayez mis des mots dans les maux
    Vous donnez une seconde vie aux livres ainsi qu’à vous-même.
    L’argent n’est pas tout dans la vie et vous avez bien fait la part des choses.
    Vous souhaite une bonne journée.
    Ravie de vous avoir lu.
    Bien à vous
    Anne-Christel


  •  :-)
    Merci Madame.
    Oui, l’argent n’est qu’un moyen et non une fin. Il est pour moi ce que je redoute le plus, tant j’ai vu les dégâts dans ma famille.
    Nous en avons besoin pour nous réaliser toutefois et offrir à nos enfants une vie heureuse, décente.
    Du coup le sens de nos choix se charge de valeurs positives. ce que les décideurs d’aujourd’hui n’ont plus à faire parce qu’ils ne sont plus dans les mêmes difficultés que la plupart des gens.
    Ils n’ont pas à se battre pour construire un foyer, manger et avoir un toit.
    La nation le leur fournit et en échange ils se doivent de maintenir des structures vivables pour nous.
    je ne remets en cause leur capacité intellectuelle et leur mérite.
    Non ce que je remets en cause c’est la rétention de leur action au dessus du niveau de leur propre milieu.
    Nous n’existons pas pour eux.
    Je ne suis qu’une hurluberlu qui bidouille des vieux livres.
    cela génère beaucoup de souffrance chez beaucoup de gens en ce moment ce constat dans d’autres domaines ;
    je voudrais qu’on reste dans le cadre de ce propos ici. Sur d’autres forums plus personnels, on peut s’épancher sur soi et trouver du réconfort. Ici c’est se faire voir pour que les élites arrêtent de vivre comme si ils étaient seuls sur terre.
    merci encore à vous,
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonjour,
    J’ai envie de vous dire merci pour le voyage offert par votre récit, les mots qui racontent les merveilles contenues dans ce métier : les gestes et leur mémoire ancienne, le temps et les cent opérations nécessaires, les rencontres avec d’autres gens du livre et les traditions lointaines, les spécificités professionnelles et celles des matériaux... Votre témoignage permet d’entendre la richesse de ce que vous donnez à voir.
    Bien à vous,
    Catherine Martinez


  • Tous ces beaux matériaux que vous manipulez, étirez, caressez, gommez, brossez, soignez, aimez, toutes ces belles heures dans votre atelier entourée d’odeurs, de matières, de pensées, tout cela je les retrouve quand je brode, je peins, je dessine, je travaille l’argile, etc..., je partage avec vous je crois l’amour des belles choses, la caresse de la soie, la douceur des fils, la rugosité du lin, et les couleurs surtout les couleurs pour moi .
    bien à vous
    véronique


  • Merci pour ce beau récit tout en délicatesse ... et la richesse des échanges qu’il suscite
    J’ai un peu de mal à faire un commentaire après tous ces échanges mais je trouverai indélicat d’avoir lu votre texte sans ne rien vous dire .
    Vous êtes de ceux qui savent "réparer" avec art dans une société où l’on cultive l’obsolescence programmée, et où tout peut se jeter , y compris les humains. Et en plus vous savez faire partager ce qui est unique dans votre métier
    Qu’ y a-t-il de plus important que le Beau , qui lui est durable, pour réparer l’humanité blessée ?
    Merci vraiment


  • Bonjour,

    Merci pour vos commentaires !
    Des échanges riches en humanité.
    Bonne journée à vous.
    S.


  • Gardes blanches, gardes couleurs, singalette, cartons, carte et tranche file, dos et coins cuir, plat dos, titres, nerfs sertis... C’est une des nombreuses petites listes que ma mère écrivait soigneusement après avoir fini de relier un ouvrage. Musset, Molière, Daudet et tant d’autres... ces ouvrages sont là dans ma bibliothèque.
    Ma mère ne parlait pas mais je savais qu’elle s’était inscrite à un cours de reliure.
    Elle ne m’avait jamais montré ces ouvrages abîmés par le temps et qu’elle avait si bien "réparés".
    Grâce à votre beau texte, j’ai pu mieux connaître un domaine qui lui avait amené une satisfaction tant recherchée.
    Merci infiniment.


  • Bonjour,

    Merci Madame pour ce beau compliment.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Faire vivre les livres, les ressuciter quand tout le monde les croit morts... Voilà un très beau métier, que je ferais avec plaisir si j’étais plus soigneuse de mes mains...
    Vous redonnez vie aux livres ; j’aime énormément votre métaphore de la paternité, et je m’autorise à la reprendre.
    "Quand je serai grande, je sera libraire !" : plus tard j’aimerais pouvoir donner à chaque livre un père, une mère qui en prendra soin, qui le chérira comme un bien réellement précieux, comme un "thrésor" à part entière (et donc avec toutes ses lettres !).
    Merci pour ce texte très beau, qui nous permet de découvrir un métier magnifique et pourtant peu connu et reconnu... C’est bien dommage qu’il en soit ainsi ! Si j’étais riche (mais je ne suis qu’étudiante), je vous amènerai toute la bibliothèque familiale !


  • Bonjour,
    Merci Blandine.
    Vous augmentez très bien ce récit.
    Si vous pensez déjà à faire relier un jour la bibliothèque familiale ou restaurer, un jour vous le ferez ...
    C’est comme une graine qu’on jette dans un coin non cultivé, avec le temps et son propre vécu, ses recherches etc. ... il se pourrait que la graine germe et pousse dans votre terreau intérieur.
     :-) j’aime les métaphores avec la nature. Cette nature est très forte et la vie nous fait confiance. En retour on se doit de faire la même chose et d’aller au bout de son rêve.
    Parfois c’est très difficile et on jette l’éponge, mais il faut toujours garder ce rêve dans un coin avec sa graine qui finira par germer.
    Bon courage dans vos études !
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Très beau récit sur une très belle pratique.
    Sans être bibliophile, je partage au delà de mon amour du texte celui de l’objet.
    Souvent devant une édition ancienne, j’éprouve un étrange sentiment , que je ne sais définir, et surtout une interrogation sur ce qu’a pu être son histoire à ce livre et me demande entre quelles mains il a pu passer, quelles péripéties traverser.
    Et je trouve très beau le métier que vous faites, l’engagement et l’amour que vous y mettez et de permettre ainsi aux livres de vivre encore.


  • Merci beaucoup pour tous ces commentaires chaleureux !
    Bon weekend à vous !
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • http://zetenancierisbaque.blogspot.fr/2014/06/un-ptit-tour-chez-emmaus.html?spref=fb

    Un ami sur Fb écrit cet article que j’aime beaucoup.
    Je partage ici avec vous.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Passionnant et immersif.
    Merci pour ce ton franc et réaliste.
    Une bibliophile et lectrice :)


  • Merci Nathalie !
    Ce métier me tient debout.
     :)
    Bonne journée à vous !


  • http://www.bmlisieux.com/litterature/bibliogr/curmer01.htm

    Un endroit où on peut trouver ce texte illustre qui m’a fait penser à M. Rosenvallon et son équipe !
    Bonne journée !


  • Chère Sandrine, quel métier magnifique que celui de relieuse ! Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas lu ce récit avant. Vous êtes une fée des livres ! Je ne pensais pas que l’on pouvait s’adresser à des relieurs pour redonner vie à un bouquin ! Vous êtes juste formidable ! Même si le salaire ne suit pas, je crois qu’il faut avant tout aimer son métier. Bravo !

    Bien à vous,

    Kahina


  • Bonjour Kahina,

    C’est comme ça, il y a beaucoup de textes dont le titre ne nous accroche pas puis, on retombe dessus, j’ai eu la même réaction pour certains d’entre eux.
    Votre texte sur votre frère est touchant.
    je suis ravie de vous avoir fait découvrir ce métier, en effet peu connu, rare ;
    Je l’ai découvert tardivement aussi ... 27 ans ... :)
    Il y a une urgence à devenir parfois certains métiers : si on ne se réalise pas à travers eux , on se sent en danger.
    Plus qu’une passion qui souvent ne dure pas, il m’est devenu une nécessité même avec nombres d’inconvénients comme le salaire qui ne suit que rarement.
    Je vous encourage à aller voir un atelier, vous y trouverez des auteurs du 19ème, des livres en cuir et en couleurs qui nourrissent un imaginaire. Je pense que pour vous étudiante en lettres, c’est le monde, de Hugo, Zola, Hetzel et autres éditeurs, écrivains, politiques qu’on ne relie plus aujourd’hui à cette action et engagement pour la vie quotidienne, son amélioration. C’est le poids des racines qui manquent tant aujourd’hui pour moi !
    Un livre relié c’est très lourd : avec ses matériaux, il a pris par la transformation et mes mains, du corps ... d’ouvrage et de l’épaisseur, du poids pour qu’on le traite à sa juste valeur : une tranche de vie.
    Bien à vous !
    Et au plaisir de vous lire !
    S.


  • Bonjour,

    C’est beau d’aimer son métier ! J’aime la manière dont vous parlez du livre ! Étudiante en Lettres c’est j’ai un grand respect pour les livres aussi bien pour le récit que l’auteur nous livre que pour le matériau en lui-même. Ainsi, je ne peux me résoudre à surligner ou annoter dans un livre. Je me renseignerai sur les ateliers qui existent dans ma ville car cela doit être bien enrichissant ! Merci encore pour ce beau texte, heureusement qu’il y a des gens comme vous, vous êtes une "infirmière" du livre !

    Bien à vous,

    Kahina


  • chère sandrine,
    quel plaisir ai-je eu, en lisant votre petite histoire !
    l’odeur du vieux papier, de l’encre, l’ornement d’une typo,…
    rapide flash-back imaginaire de tous ces gens
    qui s’affairent sur “un” livre.

    je me revois sur cette chaise
    lors de mes études dans les industries graphiques,
    m’émerveiller face aux mains du relieur,

    malgré cette surexcitation des gens
    à vouloir être à la dernière pointe de la technologie
    avec les liseuses électroniques, l’imprimeur, le relieur,
    ont encore de beaux jours devant eux.
    comment ? en transmettant leurs passions.
    comme vous.
    •L.


  • Bonjour,
    Merci pour ces avis positifs.
    J’espère de tout cœur que vous avez raison ... la localisation probablement trop campagne, la conjoncture économique ... Il faut tenir devant le vide abyssal et le désintérêt des gens locaux qui ne voient pas ce métier comme un métier.
    merci encore.
    Bien à vous,
    S.


  • tous les sens sont sollicités par votre merveilleux texte. On s’y croirait, dans votre atelier ! On vous suit, on vous regarde. Vous transmettez l’amour du temps passé à réparer et transmettre quelque chose. Vous militez pour tous ces métiers peu "rentables"... avec une bonne dose d’humanité. Merci de votre témoignage.


  • Merci Seysha Taft.
    je me relis, je lis et relis les récits des autres. c’est une source de plaisir et de réflexion mêlée sans qu’ on ne puisse dire ce qui prend le dessus. La description m’accompagne tous les jours, que ce soit mentalement ou physiquement, dans le travail de mon atelier, où je ne passe plus assez de temps, parfois, absorbée par la plainte du monde.
    Bien à vous.
    Sandrine.


  • Surprenant, inattendu. Pourquoi ? Parce que, pour moi, c’est un métier noble, entre art et artisanat, dans la tradition.
    De ces métiers devenus rares. Rien de virtuel, d’"innovant", de porteur. Une "niche" qui devient parfois, à force de persévérance, viable. Un luxe cher payé dans un monde d’employabilité, de performance, de compétitivité.
    Le degré de reconnaissance est plus un indicateur des valeurs de l’autre, que de la valeur du métier choisi. Car il s’agit bien d’un métier, et non d’un job.
    Certes, quand l’affectif est en jeu, c’est une autre histoire.
    Très belles images sur votre blog. Merci, Sandrine, pour le difficile énoncé de ce doute.
    En vous souhaitant beaucoup de satisfactions dans votre pratique et vos partages professionnels.


  • Voici un lien que je trouve très touchant découvert par un bibliothécaire aussi passionné que moi par son métier.
    C’est infiniment touchant.
    http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php?s=langes&sentence=AND&submit=Rechercher


  • Non c’est celui là, où l’auteur raconte le lien entre son père, ses livres et la reliure des livres de son fils.
    merveilleux.
    http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php/2004/12/18/ce_livre_est_mon_corps


  • Mes livres sont mes armes

    • « On reçoit le livre comme un cadeau ». On le conçoit aisément. « Le propriétaire se sentira orphelin le temps de mon travail ». Peut-être même sera-t-il un peu angoissé ?

    • L’ouvrage peut rester des mois sur une étagère. C’est assez étonnant, mais il est réchauffé progressivement par le regard et la pensée de la relieuse.

    • L’histoire familiale se mêle à l’histoire de la relieuse. Ignorée, « refusée », abandonnée affectivement, la relieuse sauve aujourd’hui des livres abandonnés, ignorés des décennies, non « reconnus » en tant que livres. Ils étaient devenus des objets, presque des rebuts.
    La relieuse les prend physiquement en main, les regarde, les « écoute ». Elle va les sortir de l’oubli, de l’abandon, les reconnaître, les caresser, leur redonner confiance en eux, les « déplier », les remettre sur le chemin, droits, prêts à reprendre la marche vers les mains et les yeux de lecteurs amis.

    • « Mes armoires à livres sont mes armes », disaient les vieux moines en parlant du contenu des ouvrages. Toute la science du monde était rassemblée là. La relieuse d’aujourd’hui est entrée en religion – la religion du livre –, elle est devenue reli(gi)euse, ses livres sont ses « armes » contre l’argent dominant et la finance paternelle. Et pan ! Chaque livre sauvé est un nouveau coup porté contre les mauvais coups...

    Merci pour ce beau récit.


  • En effet, Madame la relieuse, vous êtes une sorcière magnifique.... lire votre texte sur écran a été difficile pour moi, tant vous décrivez la réparation de l’objet livre avec sensualité. Je sais à qui je pourrais offrir ce texte, à une personne qui ne veut, ni d’internet, ni d’ordinateur. Comment faire ?


  • Merci pour vos commentaires !
    En effet, je suis la sorcière magnifique qui résiste au temps numérique.
    Et oui Jean Paul, chaque livre sauvé et auquel on a redonné du sens précis en tant que livre essentiel à nos vies est un coup porté fatal à la médiocrité !
    Bien à vous,
    Sandrine.



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