Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
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Publication : 30 janvier 2014

Durée de lecture : 15 mn

Nombre de mots : 3110

Sandrine décrit le quotidien de sa voisine Paulette, 93 ans, et nous restitue les souvenirs de cette institutrice du milieu du siècle.

Je lui demande ce qu’elle pense de l’école aujourd’hui. Elle pense ce que tout le monde pense : que tout fiche le camp.


12 commentaires :

  • J’ai beaucoup aimé lire ce récit, tout en délicatesse .


  • Merci Clotilde N.,
    Votre présentation est très juste sur votre page.
    Nous pourrions tout aussi bien nous rencontrer et discuter de l’avenir.
    Une initiative que ce site !
    qui ne lasse pas de surprendre par les écrits, commentaires et livres.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • J’ai aimé le récit de la prise de conscience de ce qui semble insignifiant et qui prend de l’importance, qui permet l’équilibre, qui encourage la vie. Le bord de la rivière, cette nostalgie doucement évoquée, ce destin tendrement déroulé. Cette institutrice qui pudiquement découvre les délicats méandres d’une existence intense et laborieuse, effacée et exigeante, faite d’amour et de tendresse, d’émotions et d’épreuves. Une vie quoi, mais délicatement évoquée et placée ainsi en sentinelle d’une évolution inexorable. Bravo, pour cette évocation jamais grandiloquente, toujours dans l’esquisse et la suggestion.


  • C’est si précieux de penser que nous ne sommes pas seuls, de savoir malgré l’amour de notre liberté que quelqu’un viendra nous voir.
    Merci de ce beau partage, de votre affection délicate qui nous permettent de vous accompagner toutes les deux dans le temps et l’espace sur les bords du Loir. Un de ces nombreux villages où il est si difficile de maintenir une vie commune maintenant que la campagne est désertée.


  • Bonjour,
    Je pense souvent aux familles comme la mienne qui sont déracinées, privées d’échanges affectifs entre générations.
    Paulette fait partie de nos vies.
    Je pense qu’il y a d’autres initiatives comme la mienne, des gens qui ne parlent pas forcément mais qui passent aux actes pour redonner des liens autour d’eux. c’est un beau projet de vies que chacun pourrait mettre en place selon son envie, les besoins et ses possibilités.
    Nous vieillissons tous.
    Partager cela m’a fait du bien. A redonné du sens aux choses, au temps autour de moi.
    Et aussi de l’affection.
     :-)
    Merci pour vos commentaires,
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • C’est très émouvant, on a l’impression d’y être. J’admire beaucoup cette capacité à ancrer un récit dans le temps et les lieux, les détails du quotidien, c’est ce qui permet de s’identifier, d’être touché...


  • Merci Virginie.
    j’écris un peu comme je parle.
    Et je crois que l’observation du moindre détail dans mon métier a débordé sur ma vie ...
     :)
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Le lien avec Paulette s’est rompue. Une vieille dame, qui me demandait beaucoup plus que je peux donner, du temps, l’éloignement, je ne la vois plus. Ainsi va la vie.
    S.


  • On se laisse prendre par le récit, sa douceur. Nous aussi, on ronfle...
    Le rassurant du quotidien, l’intimité, la pudeur.
    Et on se dit que, dans l’organisation d’une semaine, ça prend beaucoup de place.
    Alors, forcément, dans la durée, quoi de plus naturel...
    En souhaitant à Paulette longue vie et d’autres occasions d’intimité.
    Merci à vous pour le thé.


  • Merci Marie.
    Paulette va bien. Quelqu’un de professionnel s’occupe d’elle régulièrement.
    Je passe devant chez elle parfois et voit le rythme, des volets de sa maison, s’ouvrir et se fermer.
    La lumière est allumée. Je n’ose aller la voir. De peur de provoquer force d’émotions et de ne pouvoir ensuite tenir mes engagements.
    Les personnes du magasin où elle va faire ses courses, accompagnée avec une autre personne, me donnent de ses nouvelles : elle va bien pour une dame de son âge.
    Bien à vous.
    S.


  • La cérémonie des adieux

    • Paulette a bien de la chance que ses petits-enfants (combien en a-t-elle ?) lui écrivent des lettres tous les mois, « de vraies lettres, de trois ou quatre pages ». Des lettres dont on décachette l’enveloppe, dont on sort les feuilles, qu’on déplie, écrites peut-être manuellement, on les tient dans ses mains. Rien à voir avec nos écrans.

    Imaginez le plaisir que cela peut lui procurer, alors que nos boîtes aux lettres à nous ne reçoivent plus de lettres depuis longtemps...
    Tous les quinze jours, « elle passe une journée à répondre ». Qui d’entre nous pourrait consacrer autant de temps à écrire sur papier à ses proches ?

    • Il y a dans les réunions dominicales de ces 3 femmes quelque chose comme la démonstration de la solidarité féminine, de la capacité des femmes à écouter et à se mettre à la place des autres, de la « sororité » diraient les féministes. J’imagine mal une situation identique entre 3 hommes. Personnellement, je la fuirais sans doute...

    • « C’est très important les habitudes, ce qui rythme notre quotidien. » Le titre de ce récit est bien choisi, car il annonce que certaines habitudes – « l’heure du thé » – vont prendre fin, à cause du déménagement.

    Ce récit, c’est un peu « la cérémonie des adieux ».


  • Paulette a deux petits enfants, qui viennent la voir de temps en temps, écrivent à la main. C’est vrai aussi ce que vous dites, Jean Paul, ces réunions dominicales, je les vois d’avantage autour d’une table de jeu de cartes, ou sur un banc à l’ombre d’un arbre, pour les hommes, des parties de pêches ou de débats refaisant le monde : une image d’Epinal, puisque on voit peu de nos jours dans les campagnes désertes de réunions aussi spontanées : peut être dans d’autres régions, je ne sais pas.
    S’occuper de quelqu’un qui est dans un abandon affectif réel ou non mais vécu comme tel, puisque Paulette a une famille qui prend de ses nouvelles, vient la chercher, a été trop lourd pour moi, déjà en charge seule de beaucoup de choses. Le lien social a la campagne est quelque peu brisé pour des raisons surement plus profondes qui m’échappent. Chacun est devenu le fardeau de l’autre plus que de la solidarité et l’échange nécessaire à toute vie sociale épanouie. On se fait un devoir d’aider là où les choses devraient se faire plus spontanément.
    Quant au titre, il a été choisi, après accord de ma part, par l’équipe en charge de la relecture et de la correction des récits que nous envoyons. Je dois les remercier de fait de cette chance d’avoir été choisie pour cette mise en ligne qui m’apporte beaucoup, par les échanges et par la lecture des récits.



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