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Je viens de quitter mon emploi -
par Annick Rodot

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Publication : 22 avril 2014

Durée de lecture : 3 mn

Nombre de mots : 740

Annick est auxiliaire de vie. Elle qualifie son métier de « boniche pour personne dépendante ». Elle ne l’aime plus. Alors, elle a décidé de le quitter. Elle veut oublier le mépris, l’irrespect. Elle ne veut garder en mémoire que les souvenirs merveilleux, passer à autre chose et trouver un autre emploi.

J’ai passé dix années à exercer ce métier. Aujourd’hui je veux oublier le pire. Oublier les crachats, les insultes et le mépris.


4 commentaires :

  • Madame,
    ayant des amies auxiliaires de vie je retrouve leurs mots dans votre récit de vie professionnelle. Hélas,il y a des gens ingrats,des profiteurs et j’en passe et des meilleurs ; vous en parlez à merveille.Il faut savoir sauver sa peau et c’est ce que vous avez décidé de faire.Bravo à vous pour votre courage mais aussi bravo à vous pour votre humilité.
    Je souhaite que vous trouviez un métier qui vous comble.


  • bonsoir,
    3 choses :
    1) il y avait quelques jours que je n’avais rien lu sur le site : bravo pour l’écriture et cette manière que vous avez pour faire passer ce qu’est ce travail mal reconnu.
    2) vous avez raison de quitter puisque c’est votre choix et que dix ans c’est déjà beaucoup.
    3) c’est quand même dommage que des personnes de votre qualité finissent par honnir ce travail de soutien et d’humanité.
    j’en parle en connaissance de cause : ma maman ayant eu besoin de plusieurs de vos collègues, j’étais effarée de ce qu’on leur demandait.. voilà un travail qui demanderait que les pouvoirs publics s’investissent pleinement et qu’il y ait des syndicats pour les défendre.
    merci et bonne chance


  • Bab :

    Tout est dit : le pire comme le meilleur. La reconnaissance de ces métiers d’accompagnement devrait passer aussi par les moyens mis en œuvre pour soutenir les professionnels : formation, mais aussi encadrement hiérarchique, pour rappeler les limites de votre présence : non ! vous n’êtes pas là pour assurer le ménage de toute la famille !!! , et temps d’échanges et de paroles autour de ce que vous vivez dans la relation avec les personnes accompagnées, défendons ici ces professions que beaucoup aujourd’hui veulent réduire à des actes technique. Vous avez admirablement bien mis en évidence l’importance de la présence à la personne, de toute cette attention qui fait le cœur du métier dans votre description de la préparation du petit déjeuner par exemple, de l’importance du geste, du regard. J’ai lu un article d’une psychologue et psychanalyste, Ana Paula Vieirar Fraga-Levivier qui anime des groupes de paroles auprès de travailleurs sociaux, elle écrit : " Avec le temps, j’ai conçu cet espace comme ayant la fonction de prendre soin de ceux qui prennent soin de l’autre". Si vous aviez eu ces espaces qu’elle nomme "lieu secourable permettant le recul pour le corps et la pensée..." Il me vient encore à l’esprit un écrit d’une auxiliaire de vie Fanny Rouzel qui parle de cette profession dans un ouvrage co-écrit avec son frère Joseph Rouzel (éducateur, formateur et psychanalyste) :"le travail social est un acte de résistance
    Bab.


  • merci a tous de votre soutien , je regrette seulement que beaucoup de ses travailleurs de coeur vont vivre le mépris pour rendre meilleur la vie des autres sans jamais un merci.



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