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Je place le public -
par Morgane Z.

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Publication : 26 janvier 2015

Durée de lecture : 4 mn

Nombre de mots : 830

Etre ouvreuse dans un théâtre.

Le pourboire est mon salaire, mon salaire est légitime.

Ce récit est également publié sur rue89 :


10 commentaires :

  • bonjour,
    votre témoignage est vraiment poignant.
    vous en parlez très bien, de façon saisissante.
    je ne sais pas si vous allez faire ce métier encore longtemps pour payer vos études, le moins longtemps possible j’ai envie de dire. pour le temps qui vous reste, pensez que vous êtes un cygne parmi les canards :)


  • Viktoriro :

    Je vous oublierai pas, je ne vous oublierai plus.


  • Bonjour,
    Le monde du travail salarié étant extrêmement encadré (et je pense qu’ en général c’est une bonne chose) ; votre récit est édifiant. Ce qui n’est pas normal ici c’est à quel point vous devez faire preuve de pédagogie auprès du public ; lorqu’ on va dans un pays étranger , on sait très vite si le "tips" doit s’appliquer dans un bar etc et cela ne pose pas de problème.L’information passe t elle à l’achat du billet ?
    Je préférerais pour vous que vous soyez tout simplement salarié à l’heure, mais vue que le smic horaire devient le salaire de référence et non plus le salaire de base ; seriez vous gagnante ?


  • Bonjour,
    Le monde du travail salarié étant extrêmement encadré (et je pense qu’ en général c’est une bonne chose) ; votre récit est édifiant. Ce qui n’est pas normal ici c’est à quel point vous devez faire preuve de pédagogie auprès du public ; lorqu’ on va dans un pays étranger , on sait très vite si le "tips" doit s’appliquer dans un bar etc et cela ne pose pas de problème.L’information passe t elle à l’achat du billet ?
    Je préférerais pour vous que vous soyez tout simplement salarié à l’heure, mais vu que le smic horaire devient le salaire de référence et non plus le salaire de base ; seriez vous gagnante ?


  • Bonjour,
    Après les multiples commentaires et réactions face à ce récit (pas ici, mais sur Rue89) ; je me rends compte que ce qui me touche dans ces expériences est moins mon statut d’ouvreuse au pourboire (j’y gagne quelque part, sinon j’aurais arrêté), que le rapport de l’Homme à l’argent, de l’Homme face à un personnel peu considéré.
    Les exemples donnés dans ce texte montrent que certains oublient qu’ils ont à faire à un être humain en face d’eux. C’est cela qui me heurte, qui m’interroge sur la nature humaine.
    PS : Titine et Viktoriro, merci pour vos commentaires réconfortants.


  • Morgane, j’ai beaucoup aimé votre récit, poignant, et je souligne la réponse que vous venez de donner : la dignité de tout être humain, quel qu’il soit et quel que soit son travail, c’est indispensable de la rappeler. Croyez en ma plus haute considération et en ma sympathie.


  • Voilà un récit très intéressant !
    Je suis souvent allée au théâtre, à Paris, et jamais je n’ai entendu une hôtesse me dire qu’elle était payée au pourboire. Je trouve ça dommage. Ca doit être un peu embarrassant à dire, mais à l’instar de mon cas je pense que d’autres personnes préféreraient le savoir. Quand on est étudiant d’un milieu modeste, on n’a pas forcément d’argent à donner "en plus" lors de sorties déjà payantes, surtout quand on a déjà donné, effectivement, à des SDF, etc. Cela dit j’aurais prévu un pourboire sans aucun problème si j’avais imaginé que la personne qui le recevrait en aurait besoin pour constituer son salaire, je l’aurais tout simplement prévu dès le début dans le budget théâtre. On ne m’y reprendra plus.
    Bien du courage pour les prochaines soirées de travail !


  • oui, nous n oublierons plus d’avoir toujours une pièce en poche. merci.


  • Votre récit est neutre. pourtant il en ressort une terrible image. C’est peut-être cela le plus fort, avoir réussi à travers vos exemples à faire surgir le démon du mépris.

    Certaines salles de spectacles interdisent les pourboires ; c’est plus simple pour tout le monde. Mais quelqu’un dispose-t-il de chiffres : Combien peut-on gagner en étant ouvreuse payée au pourboire ?

    Merci en tout cas pour la lucidité de votre regard et finalement la bienveillance avec laquelle vous regardez tous ces gens qui hésitent à lâcher deux € quand ils ont payé cher une place et, comble de l’ingominie, quand ils ont été invité !


  • Je connais la réponse, je la pressens !
    C’est une pince qui tient lieu de main chez l’individu !
    C’est un panier de crabe qui le tient en lieu sûr !
    J’ai vu son comportement, la manière de se cacher, stratagème pour ne pas affronter une réalité qui dérange !
    "quoi ? Non seulement j’investis 140€ pour un loisir sachant pertinemment ne recevoir aucun retour sur investissement, et il faudrait en plus que je paie quelqu’un pour m’indiquer ma place ?
    J’ai rien demandé à personnei ! Je suis juste venu(e) pour me détendre, pour me faire voir alors foutez-moi la paix avec votre misérabilisme ! Vous croyez quoi ? Elle est partout la misère ! Trouvez-vous un boulot honnête, je sais pas moi ! Vous n’avez pas de parents,de la famille, personne pour vous aider ?" Durant ces interrogations intérieurs, la gêne évidente et le cœur englué dans une graisse dont seule l’otopsie pourrait révéler la véritable personnalité de l’égoïsme ambiant, durant ce laps de temps disais-je, il est alors inutile de feindre l’empathie du 13 novembre !
    Bas les masques, maudit sois-tu, gens de fortune, je vois bien ton déguisement
    Derrière ta parure
    Derrière lequel de guise, tu mens !
    Qu’est-ce pour toi une pièce même jaune ?
    Tu pourrais s’il le fallait t’arracher le vêtement
    Pour un noble, un notable et te mettre à table le cul devant
    Plutôt de de tendre la main
    Les yeux baissés en regrettant plutôt
    De n’être pas plus généreux.
    Antonio Giuseppe Satta



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