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Je ne suis plus cadre -
par Thomas Lugos

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Publication : 23 mai 2014

Durée de lecture : 32 mn

Nombre de mots : 6560

Comment une société commerciale devient une entreprise sans âme ?

C’est la première fois de ma vie qu’un de mes supérieurs (quelle stupide expression !) est plus jeune que moi. Mais bon, lui, c’est un héritier, ça change la donne.


8 commentaires :

  • Votre texte est prenant et se lit d’un trait, et lorsqu’on a connu pareil expérience, on va jusqu’au bout du récit pour savoir comment ça s’est terminé. Hélas comme d’habitude, en laissant du monde sur le carreau, et ce ne sont pas les mauvais qui partent, non, ce sont les autres, les consciencieux, ceux qui aiment leur boulot et le font avec amour et humanité. Oups quels vilains mot dans le monde des affaires !
    J’ai moi même été victime d’une réorganisation dans une grande boite. Je me suis retrouvée précocement mise à la retraite, une prime conséquente obtenue, mais toujours en tête le cauchemar des intimidations et du harcèlement de la part d’un DRH nommé spécialement pour cette restructuration !
    Hélas la haine reste tapie en moi,
    Je vous souhaite de bonne choses pour la suite.
    Cordialement
    Cathy


  • Vous avez vraiment bien fait d’écrire ce texte . Vous nous décrivez bien comment des logiques stéréotypées du profit tue le le travail.Le mantra "Valeur ajoutée" qui signifie profits pour l’actionnaire et pour le salariés aller " saisir sa chance" dans un ailleurs incertain
    Vous pointez 2 choses importantes : les "élites auto proclamées", eux savent, les autres non. Donc la valeur de l’autre n’a aucune chance d’être reconnue et encore moins d’être mise en valeur
    Et le rôle des cabinets de reclassement qui effectivement n’ont pas d’obligation de résultats. Pouvez vous imaginer un commercial à qui on ne demanderait pas de résultats ? Ca n’empêche pas ces cabinets de percevoir leurs émoluments.
    Je vous souhaite également plein de belles choses pour la suite
    Et merci pour ce texte


  • Bonsoir,
    C’est un texte percutant que vous livrez là. Bien que je sois encore étudiante, j’ai eu quelques expériences professionnelles qui confortent totalement votre discours. La description que vous faites de votre entreprise dans son état "originel" est un songe lointain pour vous... et une vision du monde du travail qui n’a jamais existé pour moi (bien qu’un idéal absolu !). Je vous souhaite toute la réussite possible. Merci infiniment pour votre texte.

    Kahina


  • "Quand on veut tuer une entreprise,il faut aussi tuer sa mémoire. Pas de témoins." écrivez vous , grâce à votre récit vous avez sauvé l’âme de l’entreprise et nous, les lecteurs, sommes devenus les témoins de ce meurtre, qui ne peut plus être oublié. Bravo !


  • C’est poignant. C’est un récit qui vient s’appuyer sur cette révolte face à des gens qui parlent rentabilité et profit en face d’autres qui parlent conscience professionnelle, équipe soudée et racines.
    Une histoire de famille , d’actionnaires, pas de lois, pas de foi. Tout est bon. Du moins tout était bon.
    Je suis partie, en révolte depuis tellement longtemps face à ces gens qui se fichent de l’humain.
    Ils confondent argent et travail. Tout s’achète chez eux. Grave erreur. mais ils se fichent bien de couler des années de travail.
    Le potentiel de connerie de ces gens est infini encore plus quand ils ont derrière eux la complicité de la justice, de l’état et des politiques.
    On dirait chez moi.
    On connait la fin.
    Bon courage à vous.
    Votre récit est bien là, écrit.
    Eux ne laisseront pas beaucoup de traces. Des ruines tout au plus sur lesquelles il faudra reconstruire.
    Bien à vous


  • Merci pour votre récit, digne d’un historien du temps présent :) il aide à comprendre ce qu’il se passe de l’intérieur d’une entreprise. C’est bien cynique tout ça. Connaissez-vous l’auteur Dominique Manotti ?
    http://www.dominiquemanotti.com/
    Elle est historienne, spécialiste du 19e siècle, ancienne prof d’histoire en Seine Saint-Denis, devenue auteure de romans policiers. Elle a la plume acerbe et elle s’intéresse au monde du travail, à la vie politique, à l’histoire.
    En tout cas, bravo d’avoir résisté comme vous avez pu le faire ! Vous n’êtes pas seul et c’est vous qui avez raison !
    Amicalement
    Myriam


  • Viktoriro :

    Bonjour Thomas,

    Ici on peut s’appeler par le prénom sans crainte. ça y est c’est fait, vous l’avez écrit, au moins une histoire qui s’écrit et se lit bien. Ce que j’en retiens.C’est un épisode personnel qui n’en surprendra pas beaucoup soit pour l’avoir vécu, soit pour l’avoir accompagné, soit par conviction politique, soit par réalisme . Il révèle les personnalités, leurs capacités, leurs limites et leur fragilité qui doivent aussi mettre à l’épreuve tout leur environnement. Quant à Vous, vous avez quitté le cadre, comme l’affiche votre titre. Cette façon d’exercer un métier comme une domination, comme un mépris de l’autre, cette difficulté à créer une entreprise qui satisfasse ceux qui y travaillent et cette impunité des possédants et des traiders à déplacer leurs fonds y sont bien retracées. Résignés, révoltés, dépassés sommes nous ou bien un maximum de gens trichent ou dénient. On ne voit pas ce qui va se substituer à tout cela.L’ampleur de la tâche et la complexité en font reculer plus d’un.Je m’aperçois que les systèmes de transition n’apportent les garanties que "les partenaires" veulent bien "mettre en oeuvre". J’espère que cela ne vous aura pas dégoûté d’entreprendre quelque chose, votre conclusion le laisse entendre. Merci, en tous cas, c’était bien écrit.


  • Voilà un texte qui prends aux tripes. Un peu d’humour (comment faire autrement) cynique un peu aussi mais c’est l’expression de la souffrance, du métier dévalorisé, de l’homme abaissé par des gens sans âme. La recherche du profit à tout prix engendre ce genre de situation.
    Personnellement à 57 ans j’ai été licencié économique après 34 ans de boite. Une grande boite qui à délocalisé en Asie. Il a fallu négocier une convention de départ avec indemnités légales.
    Surtout expliquer aux enfants devenus grands que l’on n’avait pas démérité. Comme ce n’est pas un cas particulier, la mesure à touché tous ceux qui avaient atteint la limite d’âge on s’en remet en proposant ses services benevoles dans des associations culturelles...



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