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J’étais l’obstacle à ma réussite -
par Diouma Magassa

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Publication : 5 décembre 2013

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1660

Une traversée du périphérique pour intégrer l’élite des classes préparatoires littéraires. Un questionnement sur les frontières sociales, sur les principes d’éducation. Une voix légitime.

Je suis entrée dans cette usine intellectuelle comme on entre en religion.


27 commentaires :

  • Comme une illustration de ce que dit Muriel Darmont dans son livre consacré aux classes prépas : on n’y apprend pas que le bachotage, aussi une manière d’être, un rapport au savoir.
    http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-enquete-sur-les-classes-preparatoires-2013-11-30


  • Ce texte m’a fait du bien car il m’a ramené à mon vécu. Je suis une petite-fille d’immigrée et je sais ce que c’est que d’essayer de faire accepter ce que l’on est et de se sentir faire partie intégrante d’un pays qui n’est pas le sien. Je me dis qu’à la longue ce n’est pas le plus important, il faut suivre sa voie sans se poser de question. Il n’y a pas vraiment de frontière ou de territoire sur cette terre, c’est une idée fausse que maintient les gens peu sûr d’eux en vie.


  • Issu d’un milieu modeste, je suis moi aussi entré sous les ordres de la chouette Vara. Faute de savoir que type de classes existaient 6 mois avant d’y entrer je m’y suis rendu sans savoir à quoi m’attendre. A l’époque (c’était avant internet, une éternité) les moyens de s’informer dans un milieu populaire était encore moins développer ; Cela m’a sans doute empêché de "fantasmer" cette formation et d’ainsi de ne pas souffrir d’un décalage trop grand entre rêve et réalité. Il est probable que dans un une offre éducative mise en marché et de ce fait marchandisée, les parts de rêve et de récit prennent une place de plus en plus importante dans la détermination des parcours.
    Contrairement à Diouma, j’y ai trouvé de solides amitiés, une saine émulation intellectuelle et de quoi étancher ma curiosité. L’immense palette des conditions sociales qui peuplaient la classe a su s’exonérer des clivages de classes. Le fait que cela se soit passé en Province, territoire où la fracture territoriale est moins marquée qu’en région parisienne, a probablement aussi compté dans la manière dont j’ai vécu cette expérience. Le sentiment qu’éprouve Diouma de ne pouvoir s’inclure dans un milieu auquel on aspire pourtant, me fait penser au témoignage de Didier Eribon dans "retour à Reims" chronique des affres d’un habitus clivé : http://www.franceculture.fr/oeuvre-retour-à-reims-de-didier-eribon.html


  • Comme Baratier, je pense qu’une prépa de province aurait été moins douloureuse, et que peut-être, Diouma, vous vous seriez "fondue dans la masse" bien plus facilement que dans une prépa parisienne. Ceci dit, d’un point de vue matériel, ç’aurait sans doute été bien plus compliqué pour vous. Mais de toutes façons, votre témoignage corrobore le fait que cette filière d’excellence n’est malheureusement pas pour tout le monde, quoi qu’on dise... et plus généralement, que l’école échoue à gommer les distinctions sociales... J’espère que vous vous plaisez quand même dans les études que vous faites aujourd’hui, et que vous avez réussi à "digérer" cette année difficile...


  • Diouma évoque le capital culturel qui à ses yeux est pénalisant sous certains côtés (lecture odyssée etc...). D’origine modeste je partage que partiellement son avis, d’autres référents nous apportent l’envie de découvrir ou de corriger notre analyse culturelle, sentimentale, philosophique. Des gens comme Pierre Rhabi par exemple nous invite à une réflexion sur notre existence.
    Cependant la méconnaissance dès l’enfance des codes régissant l’art (musical, théatral...) est pénalisante (faute de moyens) en terme d’ouverture d’esprit.
    L’histoire reste un domaine captivant ou je souhaite à Diouma de s’y épanouir avec bonheur.


  • Diouma,
    Votre texte est courageux et marque votre maturité, votre grande capacité d’adaptation et votre liberté. C’est une chance que vous devez à votre potentiel et à votre éducation. Beaucoup de ceux qui réussissent hypokhâgne, n’ont pas ces qualités. C’est peut-être en partie pour cela aussi qu’Hypokhâgne ne vous a pas convenu. Il ne faut pas être libre pour entrer en religion. Il faut être humble. Vous êtes libre et vous êtes fière et je ne peux que vous encourager dans cette voie. Développez vos qualités et vous serez au-dessus de la plupart des gens car vous saurez réussir malgré les obstacles. Cultivez votre liberté et vous éviterez la plupart des lieux communs comme vous avez si bien réussi à le faire dans votre texte.
    Bon vent !


  • Diouma,
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre récit. Il est captivant, fluide et émouvant. Mais par- dessus tout, il est d’excellente facture littéraire et annonce l’existence d’un réel talent de conteur(e) et d’écrivaine. Contrairement à ce que vous dites, vous avez été à votre place à hypokhâgne durant l’année que vous y avez passé. Ne vous ont manqué, comme vous l’avez écrit, que ce bagage intellectuel, ce patrimoine littéraire, cette besace immatérielle que partagent ceux et celles qui sont nés du bon côté de la vie. Dommage que la clairvoyance des professeurs n’ait pas été au rendez-vous pour déceler chez vous la bonne graine, la rage d’appendre, de vaincre et de prendre votre revanche sur la vie. C’est grâce à la sollicitude de son instituteur que Camus est devenu ce que nous savons, même si comparaison n’est pas raison dans ce cas d’espèce.
    Vous avez du talent. Dans la vie il n’y a pas que ceux qui ont fait les classes prépa et les grandes écoles qui réussissent, heureusement d’ailleurs, sinon que de Mozart, de Molière, de Zola ....assassinés. Continuez à développer votre talent , à cultiver votre différence et vous irez loin. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez.


  • A hypokhâgne , on se suicide aussi ...


  • Bonjour,
    J’ai lu avec intérêt votre récit, et ce que je retiens de votre expérience est la difficulté à établir des liens lorsqu’on se sent différent, la découverte d’un abîme séparant ceux qui ont été encouragés à apprendre dans l’enfance et les autres, les tiraillements et les souffrances qui en résultent.
    Je pense que "l’échec" que vous décrivez est loin d’être de votre seul fait ! Vous êtes sur votre chemin et c’est l’essentiel il me semble.
    Catherine Martinez


  • Sev. :

    Diouma,

    Nous avons vécu à la fois la même expérience et, forcément, une autre. Non, une prépa en province n’aurait pas été forcément plus simple. Des lycées comme Guist’au (Nantes), où j’ai fait mon hypokhâgne, font entrer chaque année des élèves à l’ENS. Je n’ai pas non plus fantasmé cette formation, car je n’en savais rien. Fille d’ouvriers, j’y ai découvert ce qu’on appelle l’élitisme à la française. Mon premier réflexe a été de rejeter "tous ces fils de " et "ces profs de", parce qu’il faut bien alors sauver le si peu qu’on a, quand on réalise qu’on n’a ni le capital culturel, ni les codes relationnels et encore moins les moyens financiers pour faire sa place : son identité. Et ses racines. Non, Diouma, tu n’as pas été ton propre obstacle à ta réussite. C’est l’éducation française telle qu’elle fonctionne qui t’a interdit cette réussite-là. Bourdieu, dans La Distinction, explique très bien cela... J’aurai beaucoup de choses à te dire. Sur le fait que ce que tu perçois comme un échec est une réussite, et une expérience de vie qui - en elle même - explique le succès de ton récit ! Sur le fait que le temps permet, contrairement à ce que tu dis et à ce que je pensais aussi, de combler, peu à peu, et dans certains domaines, ses lacunes culturelles. Je suis aujourd’hui une journaliste qui vit et travaille dans ton 9-3. Si un jour, à l’occasion, tu veux échanger, ce sera avec plaisir.

    Aurélia


  • Mais oui ils ne se hurlent pas dessus en banlieue ? Pourtant ils auraient des raisons de le faire. Ce discours au miel camomille sur la banlieue est exaspérant. Dans ce cas si c’est si bien, ou pas si mal, pourquoi ne pas y rester ? Pourquoi vouloir aller dans les beaux quartier ? L’idéal petit bourgeois s’est insinué partout.
    Quant à la prépa on ne peut pas reprocher à ces gens d’exclure l’étranger. Ce serait pareil en banlieue (conditionnel et présent de l’indicatif). L’homme est xénophobe de base, plus ou moins, et ça se soigne.
    Dire toujours l’éducation nationale qui n’est pas faite pour les gens, mais oui, il faut que l’éducation nationale s’adapte à l’élève ! Tous les élèves, les milliers, millions, d’élèves ! Ce discours démago de gauche pouah ! Comme si la vie devait s’adapter à nous, à chacun dans sa petite subjectivité, miniscule en espace et en temps, perdu dans le cosmos ! Mais quelle outrecuidance !
    Ce n’est pas une question de valeur intrinsèque : il y a des codes et des résistances pour tout le monde... D’autres y arriveront. Je le dis parce, dans ce texte, il n’y a que de l’échec (alors que tu as sûrement évité un formatage de cerveau et une vie de con, ce qui est plutôt positif ?)


  • Sev. :

    Bonsoir,
    Liredeslires, votre discours est incohérent... Quelles raisons les banlieusards auraient-ils de se hurler dessus ? Il n’en ont pas plus que les Parisiens intramuros ! Par contre, ils peuvent effectivement avoir des raisons d’aller dans les beaux quartiers, puisque c’est là que sont situées les infrastructures normalement réservées à l’élite. Comme les classes préparatoires aux grandes écoles réputées... Rien à voir, donc, avec l’idéal petit-bourgeois que vous invoquez et qui n’est, dans sa version contemporaine, qu’une construction médiatique et parisienne de la société. Quant à votre discours sur l’école qui devrait s’adapter aux élèves, vous faites-là une interprétation fallacieuse de mes propos (révélant au passage votre ignorance de l’auteur cité) qui est la marque de ce que vous dénoncez : la démagogie. La vôtre est seulement colorée plus à droite qu’à gauche en raison de de votre ignorance. Car non, les classes préparatoires ne "formatent" pas les cerveaux comme le font certains cursus, les grandes écoles de commerce en tête. Elles apprennent à "apprendre à penser". Ce qui permet généralement, ensuite, de ne pas mener une vie de con. Et, aussi, de repérer assez rapidement ceux qui le sont.
    Cordialement,
    Aurélia


  • Bonjour,
    J’aime beaucoup ce site, parce que jusque-là, les échanges y sont constructifs, empreints de respect et d’écoute et de tolérance, contrairement à ce qu’on peut "vivre" sur les réseaux sociaux... De grâce, ne le polluons pas avec de vaines polémiques, et sachons garder ce ton mesuré... Je ne "viens" pas ici pour lire des échanges de gens qui s’écharpent, et je suis sûre de ne pas être la seule dans ce cas...
    Merci d’avance à vous tous :-)
    Emmanuelle


  • Votre ignorance de la banlieue sus citée révèle au passage que jamais vous n’y avez habité. Moi seulement une trentaine d’année. On a plus de raisons de crier quand on est dans la merde oui.

    Par rapport à l’élite et aux quartiers qui les abritent, le texte de Diouma montre que quoiqu’on fasse il y a une résistance puisque l’ouverture qu’ils proposent n’est que superficielle. Elitiste et réservée à l’élite, hier aujourd’hui et encore demain.

    Ensuite sur l’école n’a pas s’adapter aux élèves et ne peut pas, elle n’est pas faite pour ça ; c’est une institution qui forme le citoyen à intégrer la société. Ce n’est pas l’individu qui forme la société à ses envies (malheureusement). Je ne dis pas que c’est la meilleure façon de s’épanouir, le conditionnement, mais comment critiquer un système qui n’a pas la fonction que l’on vise : l’épanouissement personnel. Bien sûr que l’école formate, ou conditionne si on veut édulcorer ; et c’est pire avec les prépas. Après si être capable d’abattre une somme de travail de dingue est comparable à "apprendre à penser"... Ou sont nos penseurs ?

    Ne pas mener une vie de con ? Mais la vie est con. C’est assez con de ne pas le voir.


  • Mais ce n’est pas le plus grave de votre commentaire : " La vôtre est seulement colorée plus à droite qu’à gauche en raison de de votre ignorance." Eh ben... Merci de rappeler que quand on était de gauche on était fatalement plus intelligent. Ce qui se voit. C’est vrai que je suis tellement à droite !! Et j’en ai tellement honte !!

    Dernièrement pour Emmanuelle, s’il n’existe que du consensus et du sucre, ce n’est pas le monde dans lequel on vit.


  • Bonsoir, je vous remercie tous pour vos réactions, elles sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres.
    Tout d’abord,
    @Garance de Leully : C’est exactement ce que je commence à me dire ; avancer sans trop se poser de questions ça évite bien des inquiétudes qui sont souvent inutiles.

    @Baratier, merci votre témoignage prouve bien que l’on soit de banlieue ou de province on peut aussi réussir et surtout s’épanouir dans cette filière. Le récit de Didier Eribon a l’air intéressant, j’espère le lire très bientôt ! Je suis contente que vous ayez pu trouver ce dont vous cherchiez en prépa car ça avait du être un atout de taille pour tenir les 2 ans.

    @Emmanuelle Sammut : bonne nouvelle, cette année difficile est totalement digérée aujourd’hui. Je me plais dans les études que je fais mais sans mentir, je repense parfois à la prépa et tous les avantages que j’aurai pu en tirer (connaissances, méthodes…) et j’ai du mal à m’empêcher de me dire qu’il y a toujours mieux que la fac. Question de temps surement, je m’y ferai également.

    @Gaspard : Je pense que ce qui m’a le plus fait défaut est ce bagage culturel mais vous avez raison, c’est aussi ce qui pousse fortement à vouloir apprendre toujours plus et à élargir nos horizons.


  • @Aliéonore : merci, votre commentaire me touche énormément et je dois avouer que ce que vous dites beaucoup de personnes continuent à me le dire et ça me réconforte lorsque je repense à ce que je croyais être un échec honteux.

    @Fatima Hqiaq : Votre commentaire me touche aussi énormément et redonne force et courage ce qui m’est indispensable cette année aussi et d’ailleurs dans la vie de tous les jours !

    @Jiemog : Vous avez totalement raison, beaucoup d’élèves se suicident en hypokhâgne mais c’est passé sous silence. J’en ai d’ailleurs parlé dans mon blog l’an dernier car c’est arrivé à Toulouse.

    @Catherine Martinez : il fallait que je passe par là pour me rendre compte et apprendre tout ce que je sais aujourd’hui malgré tout. Ma voie se dessine petit à petit, comme j’aime le dire ; le meilleur reste encore à venir.
    @Sev, Aurélia : Merci infiniment ! C’est avec plaisir que j’échangerai avec vous. Finalement, votre expérience vous a tout de même permis d’arriver loin et c’est louable. J’espère sincèrement que comme vous, un jour je comblerais ces lacunes culturelles qui m’ont semblées être un réel handicap. Je crois que j’y ai découvert les mêmes choses que vous et ça a été « violent ». Merci pour Bourdieu, j’irai y jeter un œil, ça m’a l’air très intéressant ! A bientôt j’espère.


  • @Liredeslires : Pourquoi se hurlez dessus lorsque l’on peut faire part de nos indignations/inquiétudes avec un ton cordial ? Expliquez-moi car votre propos est si plein de clichés qu’il en donnerait la nausée. Le plus sidérant est qu’avec 30 ans en banlieue vous continuez à dire de telles choses. Mais il est vrai que vous avez raison, pour mettre un brin d’humour à tout cela, en banlieue on ne crie pas, on préfère brûler des voitures mais ça, c’était avant. (blague à part et de mauvais goût) Pour en revenir à des choses censées en tant qu’habitante de banlieue je peux vous dire qu’entendre des insanités sur la banlieue est plus exaspérant, mais ça, vous devez l’ignorez puisque apparemment vous ne vivez pas ne serait-ce que le tiers de ce que l’on vit. Parlez d’une chose que vous maîtriser ou au moins n’en dites pas des choses que vous et quelques personnes êtes seuls à penser. Comme vous êtes si perspicace vous devez certainement savoir que l’homme a DE BASE besoin de changement dans sa vie, croyez-le ou non mais la monotonie rend fou. Voilà pourquoi vouloir aller dans les beaux quartiers au moins, j’ai eu l’occasion de me forger ma propre opinion.


  • Vous savez, en banlieue on ose aller voir ce qui se passe de l’autre côté des murs tandis qu’une majorité des Parisiens ne prennent même pas la peine de se déplacer pour voir ce qu’il en est réellement, à savoir qu’est ce qui se passe dans la "vraie vie". Tout est-il est aussi noir qu’on le prétend ? Non, leur ego est bien trop démesuré pour qu’ils puissent le faire. De plus, puisque vous engagez le sujet de la politique parlons-en. Qu’est-ce que c’est que ce discours dépassé et totalement restrictif qui veut que puisque j’habite en banlieue et que je suis enfant d’immigrés je suis forcément sympathisante de gauche ? Si c’est le cas pour une majorité de personnes, il ne faut pas en faire une généralité parce que des jeunes comme moi qui s’émancipent de ces carcans sont de plus en plus nombreux. Néanmoins le projet raconter la vie auquel je participe se veut apolitique donc parlons d’une seule chose à la fois si vous le permettez c’est-à-dire d’un système élitiste - qui refuse parfois pour on ne sait quelles raisons de l’admettre - qui essaye depuis quelques temps de se démocratiser et de se rendre accessible à tous.


  • Alors oui, j’ai échoué mais cela vous empêche-t-il de dormir la nuit ? Cela vous dérange-t-il ? Non et encore non. Au cas où vous auriez mal interprété mon texte je ne dis ni ne sous-entend à aucun moment que l’éducation nationale doit s’adapter à tous, bien au contraire et quand bien même tous le souhaiteraient ce serait en pratique impossible à réaliser donc de grâce, ne déformez pas ce que je dis, ça aussi ça en devient exaspérant. L’hypokhâgne (lettres) ne mène pas à une vie de con c’est votre avis et vous êtes libre de penser ce que bon vous semble mais en revanche, ce qui est con c’est de le penser car cela démontre bien qu’encore une fois vous ne savez pas de quoi vous parlez.

    PS : l’intelligence ne se mesure pas à notre sensibilité politique, j’espère très sincèrement que vous n’en douter pas.

    Belle soirée à tous et à toutes.


  • Bonsoir,
    Devant cette avalanche de discours, je vais faire court : vous dire BRAVO pour vos réponses censées et précises et encore COMPLIMENTS !
    Catherine Martinez


  • J’ai écouté votre voix sur France-Inter, et pensé que votre récit devait être lu d’urgence ;-))...
    Ce que je viens de faire. Et c’est vrai, bonne intuition, il est excellent, et ce lit avec beaucoup de plaisir du moins c’est mon avis. J’ai beaucoup aimé la froide détermination du silence choisi, mais regretté que vous n’ayez pas eu la chance de tendre une main ou de pouvoir écouter un encouragement. L’expérience, de toute façon valait d’être vécue ! Ce qui m’a par contre subjugué, c’est la maturité et la pertinence de vos commentaires et réponses aux nombreuses et différentes réactions que votre texte a suscité. Je suis certain que votre lucidité peut être précieuse dans la période.
    Bonne chance pour la suite de votre histoire, bonne chance pour ceux qui auront le plaisir de vous côtoyer, il leur faudra ne jamais tricher !


  • Diouma votre récit sensible et lucide nous porte à nous questionner sur la définition de la réussite, définition que vous avez élargie au sentiment d’épanouissement. La réussite ne se limite pas à l’accès à une grande école, même si ce sentiment se respecte chez ceux pour qui ça fonctionne dans le bon sens. L’épanouissement, c’est la voie que l’on ouvre pour se réaliser et sur cette voie il y a des embûches qui nous rappellent où nous devons aller, davantage que de nous dire où nous avons échoué. Bien sûr, votre témoignage résonne chez tous ceux qui ont été un jour confrontés à ces obstacles qui se taisent mais finissent par nous déstabiliser au point qu’on interroge notre identité et questionne notre propre histoire et nos origines. Je pense que cette singularité vous amènera sans doute à devoir vous positionner pour vous affirmer dans ce que vous êtes et souhaitez devenir. Apprendre à suivre sa bonne étoile, savourer les belles rencontres, développer sa capacité de résilience et savoir rester pugnace et bienveillant, animé par l’envie de donner du sens à sa vie. Tels sont à mon avis parmi les ingrédients indispensables à la réussite. Si Albert Camus, cité ici, nous vient à l’esprit, c’est sans doute parce qu’à travers son histoire et sa philosophie, il reste un modèle, un passeur qui nous a transmis un beau message d’espoir et d’humanité. Bonne chance et bonne route !


  • J’ai connu les mêmes impressions à Grenoble prépa littéraire Je suis issue d’une famille très modeste dont les enfants sortaient très vite du milieu scolaire.Si, tu n’as pas eu un milieu qui favorise les pratiques culturelles donc des références littéraires .... Mais, cette belle institution ne fournit pas forcément une élite très intelligente lorque j’y étais un état d’esprit de compétiton acharnée, des professeurs imbus de leur personne et de leur statut ; peu de possibilités d’interrogations personnelles, de réflexions.A la suite de cette année, j’ai tout abandonné et je suis allée travailler...Ma vie s’est construite différemment sans grande réussite...quoique... ma fille aînée qui, elle, a effectué une prépa..scientifique a réussi son école d’ingénieur.Alors ce n’est pas une revanche car je ne l’ai pas consciemment voulu.Après, je te souhaite de réussir tes études universitaires et je pense que tu pourras aussi bien t’épanouir ; dis toi que tu es plus que méritante d’avoir tenu le coup avec les faibles armes qui étaient les tiennes, que ta valeur ne se limite pas à une sacro sainte institution réservée à une catégorie sociale privilégiée.Mais réussir dans la vie et réussir sa vie sont deux choses différentes.Certains réussissent toutes leurs brillantes études et puis donne un grand coup de pied dedans pour aller faire du théâtre ou pour voyager, pour vivre tout simplement


  • Beau récit, particulièrement la deuxième moitié j’ai trouvé !
    Qui vient appuyer de nombreuses études et théories sociologiques...

    (Bémol quelques fautes d’accord)


  • Je n’ai pas cette expérience mais l’impression de vous comprendre, parce que c’est bien écrit...
    Je me demande si vous vous y retrouvez en histoire, je l’espère !


  • Bonsoir Diouma,

    je connais bien la prépa, comme ancienne élève et comme professeur, et je sais que le travail y est intensif et demande beaucoup d’organisation : beaucoup d’élèves, comme vous, ont du mal à s’y adapter, car la différence avec le travail demandé en lycée est sensible. Comme vous le montrez, avoir au départ un bon bagage culturel est une aide certaine, mais beaucoup d’élèves font aussi des découvertes pendant leur année de prépa, leurs goûts se précisent et s’affirment. L’adaptation pour vous aurait peut-être été plus facile dans une prépa de province avec un effectif plus modeste, qui permet aux professeurs d’être plus à l’écoute des élèves.
    Je vous souhaite en tout cas de vous épanouir dans vos études d’histoire et de profiter de la richesse culturelle de Paris. Votre récit montre que vous avez réussi à prendre du recul par rapport à cette expérience, et vous en verrez peu à peu les différents acquis.
    Catherine



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