Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

||

Finir en psychiatrie -
par Didier Morisot

Permalien



Copiez le code d'intégration

Publication : 8 janvier 2015

Durée de lecture : 15 mn

Nombre de mots : 3160

Être infirmier en psychiatrie.

Doucement, les gars ; on ne parle pas à un schizophrène qui monte dans les tours comme à un dépressif au fond de sa tranchée. Car nous fréquentons des personnes qui appréhendent le monde de façon très particulière.

Récit publié également sur rue89 :

Et sur Infirmiers.com !


12 commentaires :

  • votre récit m’a réjoui de bout en bout
    merci :)


  • ...content que cela vous ait plu, Titine. Bonne fin de journée...


  • Viktoriro :

    Je vous ai lu et relu, j’ai pris le temps, c’est ce que j’ai retenu de votre récit. Je me suis toujours demandé comment vous teniez. L’humour. Le plaisir. La reconnaissance. Je vous remercie d’avoir fait remonté plein de verres 50/50.


  • ...comment on tient en psychiatrie ? Sans doute comme dans tout métier, en essayant d’y trouver du sens. Cela dit, la difficulté ne vient pas forcément d’où on imagine ; personnellement elle est plutôt venue de la hiérarchie, de l’institution, et rarement en provenance des "patients", selon le terme consacré. Merci pour votre message, Viktoriro, bonne journée.


  • Viktoriro :

    Merci de me répondre aussi vite. ça serait bien si un jour vous illustriez les contraintes dont vous parlez, je crois que ça éclairerait. Vous avez rendu vivant votre métier en l’ "exposant" mais en quoi les rapports hiérarchiques concrètement ont contrarié votre travail ou ne l’on pas "bien" compris ? Et l’équipe dans tout ça ? Il n’empêche que ce que j’ai lu de vous de l’intérieur m’a bien pris. Bonne journée.


  • ...illustrer les contraintes ? Je l’ai fait en long, en large et en travers dans "amour, gloire et bétadine" ; Google est votre ami, Viktoriro, même s’il s’agit d’une amitié ambiguë... quant aux rapports hiérarchiques, ils m’ont contrarié (de manière récurrente) pour deux raisons : déjà par le système lui-même qui est par nature source d’incohérence, et ensuite à cause de la personnalité de certains "supérieurs" qui étaient (par nature aussi) de gros crétins.
    Bon, maintenant, vu l’heure qui avance je vous souhaite une bonne soirée...


  • Infirmier psy aussi, votre texte m’a fait l’effet d’un miroir... "mais c’est pas moi qui ait écrit ça ???".
    Mettre et/ou trouver du sens dans ce que nous faisons au quotidien, et faire face aux contresens !
    Un grand merci de la part d’un branleur de la psychiatrie... qui passe ses journées à discuter... et qui en plus boit beaucoup de café !


  • ...effectivement, nous avons les mêmes références culturelles, Xavier. mdr... cela dit, doucement sur le café, surtout en fin de journée...


  • Une fois surmonté le vocabulaire mode des polars avec ses habituelles expressions organiques et dépréciatives : « la bête passe », saute sur le « beefsteak », « soulager sa vessie », retirer « les doigts de son nez », « s’entre-tuer à l’arme blanche », « s’essuyer les pieds », « se gratter le nombril », « limpide comme une fosse septique », etc., ce beau récit raconte l’initiation au travail d’un infirmier en milieu psychiatrique. C’est la partie la plus originale : prendre son temps, écouter les malades, leur laisser une porte de sortie, etc.
    Autrement dit, on traite des malades et non uniquement des maladies. Il faut être attentif à ce que les malades disent, à ce que l’on dit, ne pas « faire des ravages avec quelques mots ». Quelques notions posent problème : psychose et névrose (ne sait à qui l’on doit leur définition), « patient », « expérience (quel mot débile) ».
    Mais ce récit nous expose aussi des croyances d’un autre âge sur le comportement humain. Il tombe alors dans les clichés comme le fameux « cerveau reptilien », « cerveau primitif », croyance populaire encore courante parfois. On ne sait si l’infirmier y croit ou non.
    Il est dommage que ces croyances l’emportent sur les faits et que l’on n’en sache pas plus sur la vie professionnelle même de ces infirmiers valeureux qui rencontrent chaque jour chez l’autre autant d’altérité.


  • Bonjour Jean-Paul, les expressions triviales, le vocabulaire "direct", reflètent l’ambiance de toutes ces années vécues le nez sur le guidon. Ce n’est donc pas un simple effet de style. D’un autre côté, je force sans doute le trait en opposition au discours officiel politiquement correct (démarche-qualité, protocoles, traçabilité...), insupportable à force de sodomiser les mouches tout en évitant soigneusement de régler les vrais problèmes.
    Quant au cerveau reptilien, c’est à chacun de voir ; la psy n’est pas une science exacte et chacun est libre de choisir la grille de lecture qui lui convient. Bonne journée...


  • Bonjour,

    Je suis tombée sur Finir en psychiatrie par hasard hier, je l’ai lu en une traite. Il faut dire que la thématique m’interpellait, je suis psychomotricienne et travaille également en psychiatrie. Votre texte m’a bien sûr énormément parlée, j’y ai retrouvé nos propres difficultés, tout comme les particularités qui peuplent autant les soignants que les patients. Vous décrivez avec des mots très justes, simples, entiers, avec humilité et beauté ce qui se trame chez les humains complexes que nous sommes ! Merci pour ce beau partage et ces belles lignes aussi fluides que véritables,
    quelques pages en plus ou quelques sujets approfondis auraient tout a fait eu leur place !
    Je travaille également sur un long texte concernant la psy, à la revoyure


  • ...merci Cécile. En fait, je vous ai envoyé un mail.



Votre commentaire

Pour poster un message, vous devez vous connecter ou avoir créé un compte.