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Des monstres dans la tête -
par Marie Paule

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Publication : 11 mars 2014

Durée de lecture : 4 mn

Nombre de mots : 800

Le portrait d’une femme qui délire et qui fugue, recueillie par une voisine.

Elle avait, comme un chien perdu, gratté à la fenêtre. Et la femme, derrière un rideau de dentelle, avait perçu cet appel de quelques doigts.


13 commentaires :

  • Comment vous dire ? Votre récit me fait penser à une oeuvre récente dont le titre portait de prénom "No".
    Merci pour ce portrait délicat d’une princesse en perdition dans une société en déroute.Je pense que cette princesse comme j’aime à l’appeler ne s’est pas arrêtée dans cette demeure pour rien.Elle a dû être certaine au fond d’elle-même d’y trouver ce dont elle avait le plus besoin.
    Merci également de nous montrer ainsi l’envers du décor du métier d’infirmière en milieu dit spécialisé ou psychiatrique (non ?). Un superbe engagement de votre part. Bravo !


  • Merci Marie Hache d’avoir lu l’histoire de ces deux femmes ; j’essaierai de trouver l’oeuvre à laquelle vous faites allusion. J’ai exercé dans d’autres spécialités que la psychiatrie auparavant : l’empathie est plus spontanée face à des pathologies d’origine somatique. Le regard qui est porté sur les personnes atteintes de "troubles du comportement" n’est pas toujours indulgent et l’humanité dont l’hôtesse de cette patiente a fait preuve m’a beaucoup émue. Et puis il y avait ce contraste frappant entre un monde paisible et celui, torturé, de la jeune femme en fugue. Celle-ci vivait ce jour là un épisode délirant mais, heureusement, ce n’était pas un état constant, car elle était, par ailleurs, une mère aimante de trois garçons ; un rôle que nous nous sommes efforcé(e)s de l’aider à retrouver au plus vite.


  • J’ai retrouvé le titre du roman en lisant votre réponse.Il s’agit du livre : "No et Moi" .
    Justement,peut-être (mais ce n’est que mon avis) avait-elle trouvé ou retrouvé en cette femme et ce cocon cette mère aimante.Mais ne connaissant pas son histoire en totalité,je peux me fourvoyer complètement.


  • très belle histoire et émouvante, la bonté, l’humilité, la douceur de cette femme suffisent à apaiser cet être déchiré !
    la douceur des gestes remplacent bien souvent de beaux discours


  • Merci Marie Hache pour le titre du livre. Je connais assez bien dans l’histoire des deux femmes de ce récit, celle de la plus jeune qui s’est égarée et de sa pathologie mais pas du tout celle de la seconde qui l’a accueillie. Cela dit votre remarque sur la mère aimante m’interpelle... Il y a malgré tout un peu de cela car j’ai eu connaissance du métier de l’hôtesse de Carine c’est sage femme.


  • Une très belle histoire et un texte magnifique, très fort "visuellement" ;c ’est magnifique et bouleversant.
    Merci beaucoup Marie Paule


  • Merci pour votre lecture Sandra, ça me fait plaisir d’être lue par quelqu’un qui connaît le monde des soins. Mais que l’on soit ou pas soignant, la vie est parsemée de belles petites histoires qui ressemblent à celle là. Cependant, elles passent trop souvent inaperçues. On parle davantage des événements "choc" car c’est de ceux là que la presse se fait l’écho et je pense que ça modifie insidieusement notre façon de voir les choses.


  • Viktoriro :

    Marie-Paule,
    Je viens de vous lire. Vous écrivez bien comme l’infirmière appliquée qui fait sa transmission, c’est à dire respectueuse et exacte de ce que elle a observé . On dépasse le service que notre fugueuse s’est rendue "ouvert" et vous nous emmenez dans un monde où l’espace d’un moment tout est devenu possible. J’aime comment vous nous avez introduit dans ce petit paradis et comment vous avez décrit les lieux. C’est fragile mais ça existe, belle reconnaissance...


  • Bonjour Viktorio, c’est sympa d’avoir lu un de mes mille souvenirs de soignante dont les transmissions, auxquelles vous faites allusion, sont maintenant informatisées et de plus en plus "normalisées". Cette situation où deux mondes différents se sont rencontrés, je l’ai en mémoire essentiellement à cause de la générosité de l’hôte de ma patiente. Et puis aussi parce que c’est à bicyclette que j’allais vers mon poste de travail, dans une unité de psychiatrie, en Savoie. Et, à l’issue de ce trajet dans de beaux paysages, à ma prise de service, il y avait ce moment de transition où le contraste entre la vie du dehors et la détresse régnant dans le pavillon m’interpellait.


  • Viktoriro :

    Oui. Ils me disent qu’il faut qu’il y ait au moins dix caractères ? C’est fait.


  • Bonjour Viktorio, dans le monde des soins ce n’est pas seulement la taille des transmissions qui est limitée. Ici comme ailleurs, le fossé est immense entre les gens "de terrain" et les décideurs, l’encadrement de proximité n’ayant qu’une faible marge de manoeuvre. Cela dit il reste malgré tout le contact humain d’une grande richesse, en psychiatrie comme dans les autres spécialités que j’ai connues. C’est ainsi, que jusqu’à récemment, quand j’ai quitté mon poste (l’état civil l’a décidé), je n’avais pas, comme le disent les anarchistes "l’impression de perdre ma vie à la gagner.


  • Bonsoir,

    Je suis de l’autre cotés de la barrière, j’ai vécu ce que vous écrivez.
    Merci pour votre texte.
    A bien des égards.

    Pleutre.


  • De l’empathie à l’état pur pour cette dame qui ouvre sa porte à la détresse d’une autre, voici ce que j’ai ressenti à la lecture de cette belle histoire d’une humanité qui fait du bien.



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