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Conseiller municipal -
par Bruno Baixe

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Publication : 10 mars 2014

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1620

Les élections municipales et le fonctionnement d’une commune vus de l’intérieur.

Le mandat local est le mandat le plus proche de ses concitoyens. C’est le mandat qui peut permettre d’améliorer beaucoup d’aspects de la vie quotidienne des habitants d’une commune, mais il s’exerce dans des conditions proches de la monarchie la plus absolue.


5 commentaires :

  • Très bonne analyse de la situation de conseiller municipal.
    J’ai vécu la même expérience : le maire omnipotent, les débats quasi impossibles et au final sur des sujets comme les nouvelles communautés de communes c’est le préfet qui a décidé.
    J’ai démissionné au bout de 2 ans.
    Merci pour votre témoignage.


  • Engagé durant 10 ans dans la vie municipale en tant que conseiller municipal et maire-adjoint, j’ai pu constater comme vous les limites actuelles de la démocratie participative. Le conseil municipal n’est bien souvent qu’une chambre d’enregistrement visant à entériner les décisions qui ont déjà été prises par le maire. Ce dernier devant consulter dans une bonne pratique de la démocratie la commission d’élus adéquate, avant de proposer un texte de délibération. Mais rien ne l’y oblige ! Concernant le millefeuilles territorial (état, régions, départements, communautés de communes, communes) et le cumul de mandats des maires, je suis comme vous choqué de voir que les choses évoluent peu. Mais comment changer les choses sachant que nos élus sont à la fois juge et partie !? Pensez-vous qu’il vont scier la branche parfois confortable sur laquelle ils sont assis ? Malheureusement beaucoup d’entre eux ont choisi de faire de la politique un métier avec le risque de mélanger les intérêts personnels avec ceux de la collectivité. Le débat est omniprésent dans les médias depuis des années et reviendra sans cesse tant que la réforme profonde de nos institutions tant attendu par les citoyens n’aura pas lieu.


  • Témoin atterrée de la campagne électorale en cours dans ma commune, un peu plus de 4000 habitants près de Béziers (34)
    4 listes, soit 108 personnes engagées dans la conquête du pouvoir local. Certains se réclament d’une démarche participative, et font effectivement mine d’écouter ce que les citoyens ont à dire... Mais que restera t’il de cette démarche s’ils sont élus ? Dans les 4 niveaux de la démocratie participative, on connait bien celui des consultations sur le mode "Cause toujours"...
    D’autres s’inscrivent CONTRE, en réaction, et en critiques, le ton vengeur-redresseur de torts. C’est un peu court, ce que confirme la lecture d’un programme type stand de vide-grenier. Point de vision politique du vivre ensemble à l’horizon
    Les derniers vous administrent la leçon. ILS savent ce qui est bon pour vous, car ILS ont la hauteur, l’entregent et les compétences qui légitiment leurs propositions. En posture d’experts, donc, ILS vous expliquent qu’une politique efficace ne supporte pas les "débats stériles et sans fins" qui retardent la prise de décision (!). ILS ont eu les idées qui s’imposent à tous comme des évidences. ILS ont tout prévu, dans le moindre détail : jusqu’aux thèmes que les associations devront décliner tout au long de l’année dans leurs manifestions sportives ou culturelles, jusqu’aux espèces végétales que vous aurez à planter dans vos jardins...
    Au secours, quand ils ne me font pas hurler de rage, ils me font peur !


  • J’ai vécu une expérience similaire à la vôtre dans une commune de moins de 2000 habitants. Mon impression d’impuissance était constante, le maire et ses adjoints prenaient des décisions en privé et nous soumettaient leurs intentions. Comme vous l’exprimez, c’était une monarchie absolue, voire une dictature. Si l’un des conseillers demandait des précisions sur tel ou tel sujet, l’opprobre s’abattait sur lui. Le maire était venu me chercher pour entrer dans son équipe, j’avais exprimé mes projets et ma culture, bien différente de la culture locale. Il m’avait donné l’impression de m’écouter, mais en réalité, il avait simplement besoin de femmes pour respecter la parité.
    Nous fûmes deux conseillers à démissionner en cours de mandat. J’avais encore l’illusion que dans les petites communes, nous pouvions intervenir en étant à l’écoute de nos concitoyens. Je pense que ce fut un mauvais exemple et j’espère, de tout cœur, qu’il existe encore des territoires où les habitants peuvent s’exprimer et surtout être entendus.


  • Votre témoignage est formidable, pour ma part j’ai également fait une incursion dans le monde politique au niveau municipal où j’ai fait partie d’une liste aux dernières municipales.
    J’ai retrouvé les sentiments que j’ai moi même éprouvé au moment du bilan final.
    Vous avez également très bien décrit la difficulté et la presque impossibilité d’exercer le contre-pouvoir au sein d’un conseil municipal, sans compter les multiples aberrations typiques de nos chers ronds de cuirs.
    Encore bravo pour votre franchise et votre courage.



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