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Mai 68 et après -
par Pierre Clausse

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Publication : 13 janvier 2015

Durée de lecture : 44 mn

Nombre de mots : 8840


10 commentaires :

  • Bonjour Pierre,

    Beau texte, on pourrait croire que ce ne sont que quelques souvenirs, mais quelle actualité dans les thèmes.
    Je viens de finir le roman d’Ala al aswani, "l’automobile club d’Egypte", vous y retrouvez à longueur de pages
    le fond de votre description " la sommission est source d’obscurantisme", et pourtant Al Aswani raconte une histoire
    qui se passe sous le roi Fouad dans les années 30 en Egypte, ce qui prouve l’universalité et l’enracinement temporel
    de la domination par la soumission. Vous parlez de certains auteurs qui ont marqué nos jeunesses, Cabu, Cavana, Reizer, Wolinski, Golieb, tous très connus en 68 sont-ils encore au goût du jour ?
    Je pense que vous avez écrit ce texte bien avant les récents événements, peut-être vous a-t-on reproché une approche un peu vieillote et dépasée, mais l’histoire a l’humour féroce de revenir en force quand on veut nous faire
    croire qu’elle est complètement dépassée.
    C’est toujours un plaisir pour moi de vous lire,
    Amicalement, Louis Gulli


  • Bonsoir Pierre
    Mai 68 , ça semble parfois si loin et tant de choses semblent avoir régressé aujourd’hui
    Mais votre récit rend de nouveau cette période si particulière bien présente
    Vivre sa vie de jeune ( c’est à dire non soumis, autonome, libre de ses choix ) n’allait pas de soi du tout
    Le pouvoir parental est d’autant plus pesant qu’il manque une génération dans votre cas
    Je pense que certains de nos grand parents n’ont fait que reproduire ce qu’ils avaient eux même vécus sans autre possibilité
    Il y aussi un héritage social : les enfants en âge de gagner leur vie ( cad très jeunes) pourvoyaient aux besoins de leur propre famille ( héritage du 19ème, quand les classes agricoles sont devenues ouvrières )
    J’ai aussi toujours plaisir à vous lire : est ce le cas également pour vos enfants ?
    Merci pour ce récit .


  • Bonsoir et grand merci à vous deux. Clotilde vous touchez aussi à un point ultrasensible et central dans ma vie privée comme professionnelle : la transmission du schéma parental. Faut-il combattre la reproduction des erreurs au risque terrible de ternir chez un jeune l’image paternelle ou maternelle ? Éternel combat des anciens et des modernes, le progrès est-il possible, réel ? j’ai espéré toujours, j’espère encore que oui !
    Mes enfants me lisent, ou pas, mais ne me le disent pas. Plus de 25 ans après ce mai 68 j’ai divorcé d’"Adeline", longue histoire qui leur est très douloureuse. Je crois que toute évocation du passé est risque de devoir condamner l’un ou l’autre.


  • Il me semble aujourd’hui ( car je n’ai pas toujours dit ça) qu’il ne sert à rien de combattre : il faut juste faire avec :

    • pour soi même , et être en paix autant que faire se peut
    • et ensuite pour la génération suivante, faire partager la compréhension la plus juste , la plus fine possible, sans jugement, sans transmettre justement des ressentiments stériles pour que cette génération puisse se l’approprier puis pouvoir la transmettre à son tour . Très cordialement

  • Il m’a semblé devoir combattre des idées et des attitudes nocives, sclérosantes, néfastes à la liberté et à l’émancipation des hommes, mais sur le plan intime je n’ai jamais voulu entraîner les enfants dans notre problème de couple, quoiqu’il m’en ait coûté de paraître coupable sans me défendre. Même si après coup A. m’en donne acte, dans la tourmente les réactions sont souvent très passionnelles, pulsionnelles voire animales.Des hommes très supérieurement éminents ont ce genre de réaction peu rationnelle, l’affectif reste absolument prédominant dans le comportement humain. Mais les enfants ne peuvent devenir adultes qu’en se forgeant seuls une image non idéale de leurs parents.
    Merci encore très chaleureusement.


  • Bonjour Pierre,

    Pour bien montrer combien vos paroles me semblent d’actualité,
    dans le journal "La Croix", d’aujourd’hui 14/01/2015 page 6, il y a une photo d’un défilié à Berlin.
    Sur cette photo une personne tient un énorme crayon sur lequel est écrit à la peinture rouge et en
    langue arabe " tabda al horreya eindama yantahi al djihad" (c’est la transcription de ce qui est écrit en arabe)
    ce qui signifie littéralement " La liberté commence quand s’arrête l’ignorance".

    Amicalement, Louis Gulli


  • rectificatif :

    il faut lire :"tabda al horreya eindama yantahi al jahl" ! mais la traduction est bonne, c’est la phrase de Victor Hugo !


  • Bonjour Louis,
    Eh oui notre immense Victor, notre père à tous, le père de mon père, le père de mon grand-père déjà instituteur il y a plus d’un siècle, notre Victor qui a ouvert la voie morale au 20ème siècle (ouvrez une école, vous fermerez une prison), lequel après une première moitié dramatique a connu tant de progrès humain. Merci.


  • bonjour
    votre récit est très plaisant à lire. je le prends comme un témoignage d’histoire à votre échelle individuelle : très instructif. j’avais déjà eu des échos de l’avant 68 dans le cadre de ma famille ("Madeleine, tais-toi !"), votre récit complète le panorama
    je suis née après mai 68 et ai eu la chance de naître de parents qui ont votre âge à peu près, qui ont connu et enduré l’avant mai 68 et profité de l’après et en ont fait bénéficier leurs enfants. quand je lis votre texte et comment ça pouvait se passer, je suis révoltée
    merci


  • Un récit de vie qui vous répare avec cette question de légitimité sur la haine.
    Non bien sûr, la haine ne doit pas être cultivée mais le cœur a ses raisons parfois .....
    Nous sommes le produit de notre histoire intérieure façonnée par le milieu, l’entourage et aussi celui des événements extérieurs.
    Ces événements qu’on ne maitrisent pas, qui nous façonnent aussi.
    La pression de la société et de ses rythmes qui ne sont pas ceux de notre être intérieur.
    Comment résister et devenir raisonnable quand tout pousse à la déraison ?
    J’aime beaucoup cette phrase :"Bientôt, de toute façon, tout le pays s’arrêta."
    Bien à vous ;
    S.



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