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Il était temps de faire des enfants -
par Seysha Taft

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Publication : 6 octobre 2014

Durée de lecture : 10 mn

Nombre de mots : 2110

Une expérience désirée de la maternité.

Je privilégiai mes études, ma carrière, ma thèse. J’étais au centre de mon monde, il n’y avait pas de place pour un enfant.


23 commentaires :

  • Bonsoir Seysha,
    voilà un texte que j’ai énormément apprécié car sincère, sans fioriture stylistique et si actuel ! Bravo, hâte de vous lire de nouveau.
    Bien amicalement


  • Cher Omar, je vous remercie : vos remarques me vont droit au coeur : il est difficile (et rare ?) de parler de son désir de non-enfant d’une part ; et d’autre part de cet appel (du moins en ce qui me concerne) et de ce désir d’enfant qui se construit lentement ; surtout quand on a eu une Maman comme la mienne et qu’on l’a perdue. On peut devenir mère, mais devenir maman... :)


  • Absolument, d’où le grand intérêt de votre touchant témoignage ! Je l’ai donné à lire autour de moi et les avis sont unanimes : il est juste et éloquent !


  • Bonsoir,
    Très beau récit, très touchant. Le fait de ne pas vouloir d’enfant est un sujet tabou. Vous parvenez à mettre des mots sur votre choix et finalement, on vous comprend. Mais, on n’est jamais sûr de rien ; aujourd’hui, vous êtes maman (ou mère !!). Merci !

    Kahina


  • Parmi tous les textes que j’ai lu ici, le votre m’a profondément ému. En de nombreux points. J’aime autant le ton que le fond. Merci pour ce partage !


  • Kahina S, AdèleLG :
    Je vous remercie de vos réactions. C’est la première fois que je me lance et commencer par un témoignage aussi intime m’est difficile. Parler de la perte d’un parent c’est tellement déchirant et indicible... Parler de devenir parent c’est un point commun avec une grande partie de l’humanité, c’est exaltant. Parler des deux est délicat néanmoins je souhaitais apporter mon point de vue que j’espère optimiste. On peut grandir, on peut s’agrandir. On peut faire place à l’autre, qu’il soit parent, amoureux, enfant... Je suis passée de mère à enfant, avec tellement d’angoisse, puis de maman à bébé avec tellement de joie. Et finalement même sans ma maman, et grâce à elle, je peux marcher en confiance dans ses pas. Merci du fond du coeur.
    Omar :
    je suis touchée car votre point de vue, masculin si je ne m’abuse, m’autorise à croire que j’ai su partager détresse et ravissement, héritage et avenir. Encore Merci.


  • Absolument ! N’hésitez à écrire de nouveau, on vous lira avec plaisir !


  • Bonsoir Seysha
    J’aime vraiment beaucoup votre récit Et oui , être mère comme si ça allait de soi !
    Je partage le commentaire d’Omar : votre récit est juste et éloquent vraiment
    Et je trouve que ce récit est particulièrement précieux à notre époque : on veut ceci, on ne veut pas cela comme si les choses se passaient à l’extérieur de nous ou bien en dépit de nous
    Vous nous faites partagez toute la subtilité de votre évolution intérieure avec humour et sensibilité
    J’espère que vous nous donnerez l’occasion de vous lire à nouveau
    Bien à vous Et merci


  • Très beau texte, hymne d’amour autant pour votre mère que pour votre fille. Merci pour votre récit. Au plaisir de vous lire encore.


  • Chères Clothilde, Soisick,
    Je suis vraiment très émue.
    Vous avez raison : avec la mode du culte du corps on croit le comprendre, le maîtriser, et parfois on se retrouve tout décontenancé par lui.
    C’est vrai : c’est un hymne d’amour, quelle justesse dans votre expression, amour pour ma mère, mon père, mon mari, et mes filles (un bébé passion et un bébé fusion !) !


  • Un texte d’une grande densité et d’une profonde finesse, tout en nuances et teinté d’humour et d’autodérision. Même si un homme ne peut partager l’intimité d’une telle expérience, en revanche, grâce à votre art de raconter il peut être touché. Je l’ai été. Merci.
    Vincent Silveira


  • Merci beaucoup de votre réponse, Vincent. Vous êtes un fin lecteur :) Je souhaitais également avec mon témoignage "provoquer" une réaction chez les lecteurs, hommes, pour un retour sur leur vécu et leur éventuel désir ou non d’enfant. C’est plus que biologique, c’est un cheminement physique, intellectuel, psychique, et une part de chance...
    Aux lecteurs qui se sont exprimés plus haut, Vincent inclus, vraiment vous m’avez fait de beaux compliments. C’est encore remplie d’émotion et de surprise que je vous dis : Merci encore Merci.


  • Superbe, attachant, émouvant, bouleversant...tout ce que les autres lecteurs ont déjà dit.
    Je reconnais ta modestie, ton humour, ta franchise - ton côté direct et "rentre dedans" (ça doit être dans les gènes...).
    L’évocation de ta propre maman, les souffrances de ton papa et...le rôle important du mari, que tout cela est décrit avec beaucoup d’amour.
    C’était tellement agréable à lire que je voulais absolument continuer à lire...je ne m’aperçevais pas que c’était fini...et j’étais déçue...j’aurais pu continuer la lecture encore et encore...
    Bravo !


  • Pour tout ce que tu as fait pour nous, merci Sylvie. Merci de tes encouragements : j’ai en effet tenté par l’humour, l’auto-dérision, ... et avec honnêteté et franchise, poser les termes du débat et partager la maturation du projet enfant. Comme quoi se qui se passe dans la tête n’est pas toujours ce que le corps décide et inversement. Je suis bouleversée tous les jours par mes enfants, et par l’absence de maman... c’est en parlant d’elle qu’elle est à nos côtés.


  • Bonjour,
    Très jolie histoire, déroulée comme allant e soi, on ne nait pas maman on le devient ....
    ET ce regard apaisé sur les pères.
    merci
    Bien à vous.
    S.


  • Chère Sandrine, c’est vrai, du moins pour moi, ça n’allait pas de soi. et merci. c’est difficile de parler d’un parcours et d’une double naissance aussi intimes... vous attisez ma curiosité par votre référence aux pères ! du rôle de mon père ou du rôle de mon époux futur père ? j’aurais aimé en effet des réactions d’hommes lecteurs quant au désir d’enfant et du devenir père...


  • Chère Seysha, C’est vrai qu’on aimerait avoir plus de témoignages d’hommes face à la maternité de leur fille, de leur femme, de leur sœur. La référence que j’ai aux pères est très contradictoire, le mien, celui du père de ma fille.On nous demande d’assumer beaucoup de chose en tant que fille, femme, maman.A 49 ans bien tôt, je suis toujours aussi désemparée par les réactions des hommes face à la maternité.Probablement parce que je n’ai pas de famille aimante autour de moi mais uniquement du chaos dans les relations entre les gens dans les couples, le mien, celui de mes parents depuis toujours. Ce n’est pas l’amour qui nous unit mais la haine. J’étais un fardeau pour eux, qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire d’elle, encombrante ? Je les ai cru. Ma fille est arrivée là comme une fleur avec beaucoup d’amour dans ce désert affectif et je la préserve de cette famille destructrice, mon métier passe après aussi, mais en même temps j’ai trouvé des solutions pour travailler à la maison, non sans mal, et pouvoir l’élever. Elle a grandi, 15 ans, est interne au lycée dans une ville voisine et je la vois prendre son autonomie petit à petit. C’est la plus belle chose qui m’ait été donné sur de regarder sur terre : un enfant qui devient un individu, futur adulte construit. Peut importe ses choix, elle trouvera toujours auprès de moi une alliée, une confidente quelqu’un qui la respecte en tant que femme et individu avant tout autre chose.
    Bien à vous,
    S.


  • Chère Sandrine, merci du lien (internet) et du lien que vous tissez avec votre fille (et que vous nous faites partager). Tout est dans votre titre : Relieuse : votre parcours de vie, vos choix, l’éducation que vous donnez à votre fille, votre position quant à la famille... Je n’ai pas milité pour ne pas avoir d’enfant, je ne me voyais juste pas avec. Jusqu’au jour où j’ai écouté mon couple et mon corps... mais il m’a fallu 10 ans d’hésitations, tergiversations, hésitations, et justifications (ce n’est pas raisonnable, c’est trop tôt / tard, pas le temps / les moyens) quand en fait c’était juste une grande peur de faire venir au monde un petit être dépendant qui sera à jamais marqué par mon empreinte... quelle responsabilité. Votre fleur a bien de la chance d’être arrivée dans votre jardin :)


  • C’est très beau ce que vous dites.
    J’ai eu très peur aussi.
    Et si je ne savais pas l’aimer ....
     :)
    Au bout de 15 ans, je suis un peu plus rassurée.


  • Merci, Seysha, pour votre partage.
    Ce fut très agréable de vous lire : ton juste et limpide, humour.

    Echo personnel, bien sûr, mais, après réflexion, écho sur plusieurs générations de femmes :
    La place de la femme dans la société et sa légitimité en tant que mère, dans ou hors le mariage.
    L’inversion progressive des rôles entre générations.
    La vie après la mort de sa mère.
    La vie avec ou sans enfants, et combien d’enfants : quelle différence de vie entre une dizaine d’enfants et le choix d’en avoir peu, avant et après la maîtrise de la maternité !

    Les paroles de Barbara me reviennent : « Je suis restée orpheline, Que c’est bête, à quarante ans, C’est drôle, jamais l’on ne pense, Qu’au-dessus de dix-huit ans, On peut être une orpheline, En n’étant plus une enfant. »
    http://www.youtube.com/watch?v=4LHxTS-qHlM
    http://www.mcgee.de/paroles/remusat.html


  • Bravo pour ce récit, être mère n’est pas une évidence pour toutes ! perdre un être cher est toujours une dure épreuve mais il reste quoiqu’il arrive dans notre coeur et notre façon de vivre le présent ...


  • Chère Marie, Chère LN (me tompè-je ?), vos commentaires me touchent et me vont droit au coeur : vous mettez le doigt à la fois sur la blessure (les blessures, peut on être mère / maman, comment le devient-on, surtout sans sa propre maman) et sur la problématique (peut-on / doit-on revendiquer le droit / le désir de ne pas être mère ; la place et le rôle de la femme dans la société, l’impact sur les enfants - les siens, ceux des autres...). Merci de votre finesse, vous parlez de "maîtrise de la maternité" et d’"évidence" qui n’est pas donnée à toutes, je crois que ce sont là des pistes à explorer :)



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