Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Louis Gulli

Ne pas prendre la vie trop au sérieux, de toute façon on n’en sortira pas vivant.


Récits

Rayé des cadres  

Après sa retraite, un professeur de mathématiques part en Egypte pour continuer à enseigner en lycée français.

Que faire maintenant que je suis « rayé des cadres » (expression consacrée au ministère de l’éducation pour vous signifier de dégager vite fait) ? A 62 ans, je suis encore valide.

Publication : 29 octobre 2014

Durée de lecture : 14 mn

Nombre de mots : 2800

Portes lès Valence  

Du travail à l’usine et aux PTT.

Je travaillais la nuit, on gagnait beaucoup plus. Le premier mois, je chargeais et déchargeais dans les trains. Le deuxième mois j’ai été affecté à la ligne Valence Saint Rambert D’Albon. Je remplissais le train de sacs postaux au départ de Valence. À chaque arrêt, entre Valence et Saint Rambert, je remettais les sacs qui étaient destinés à la station.

Publication : 14 novembre 2014

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1040

Faire cours  

Un professeur affronte le bruit et le manque d’attention de ses élèves.

Je demande le silence, sous prétexte que je fais l’appel.

Publication : 8 décembre 2014

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1210

La loi des cabinets  

Passer des examens en clinique.

Dormir nous permet de tout oublier il arrive même qu’on oublie de respirer. On appelle cela des apnées du sommeil.

Publication : 20 janvier 2015

Durée de lecture : 10 mn

Nombre de mots : 2120

Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Bonjour Pauline,

    Désolé je parlais de moi....

    à bientôt....

  • Bonjour Bichoy,

    Tu n’as pas besoin de me rappeler qui tu es mon cher Bichoy !

    Sans toi personne n’aurait eu le bac en terminale S en juin 2012 au Caire !

    Pendant les événements du Caire c’est toi et Lama qui étaient chargés de transmettre les cours les exercices les corrigés, pendant qu’au dehors les rues étaient bloquées et qu’on ne pouvaient pas faire cours.

    Je suis très heureux d’apprendre que tu es en troisième année d’école d’ingénieurs, je compte sur toi pour inventer un véhicule très pratique qui me permettra de me déplacer car bientôt je serai trop vieux pour avancer à l’aide de mes jambes.

    Andrew fait ses études à Toulouse il est major de sa promo à la faculté de mathématiques, Sharif à fait 2 années à
    polytechnique de Toulouse et vient de réussir brillament sa troisième année de chimie, il était très fier au téléphone avant hier en m’annonçant ses notes. Lama est à TSE elle a un prof qui est prix Nobel d’économie.
    Vous me manquez beaucoup Georges Eskander, Mohamed Chokeir et tous les autres...

    Je sais que tu n’es pas un littéraire et c’est surement Marc qui t’a donné le lien pour ce site. Je n’ai pas changé d’e-mail depuis 2011 vous pouvez me contacter, passez par Sharif Morcos il vous donnera tous les renseignements me concernant, si vous passez en France Ahlan wa Sahlan Bi Bayti.

    Embrasse très fort de ma part tous tes camarades.

    Louis Gulli

  • Bonjour Marc,

    Impossible de vous oublier, même 4 ans après !

    Ce récit parle de vous ! Toi Marc et de tes camarades, Ahmed, Mohamed, Magued, Théodore, Taymour Omar
    Impossible de vous oublier !

    Tu m’as sorti la phrase ils sont en train de se faire tuer et vous me demandez de ranger
    mon portable ! C’est la phrase la plus profonde qu’un de mes étudiants m’a dite !
    Cette phrase m’a beaucoup marquée, du haut de tes 17 ans tu étais beaucoup plus mûr que moi et mes 62 ans !

    Inutile de t’en excuser mon cher Marc ta phrase est superbe !

    Aujourd’hui tu as 21 ans, ce qui est surprenant c’est qu’un jeune égyptien vivant au Caire de ton âge puisse lire des textes sur ce site pour retraités français qui meurent d’ennui. Tu me surprendras toujours Marc.

    Je suis les exploits de Magued sur YouTube, c’est devenu une star au Caire, c’est Sharif Morcos qui m’a donné le lien ! Si tu vois Magued et Ahmed et Taymour et Mohamed et Omar et Théodore dire leur que je les embrasse tous de tout mon cœur.

    Louis Gulli

  • Bonjour Marie,

    Je suis heureux que ce récit vous ait plu.
    Ce récit est la parenthèse fermante à un récit que j’ai envoyé à raconter la vie sous le titre "Maripassoula", mais qui n’a pas été publié.

    "Maripassoula" raconte ma première participation à un jury de bac à Cayenne, en 1975, j’étais en poste à Fort de France, c’était mon premier poste, j’avais 26 ans, une aventure que je n’oublierai jamais, la première aventure de ma vie, parenthèse ouvrante d’une belle vie, que je ne pouvais laisser ouverte alors j’ai raconté ma dernière aventure dans un Caire remuant et douloureux.

    Ce texte, "rayé des cadres", au titre initial, "une retraite égyptienne", m’a permis de fixer quelques images qui me sont chères, tout en bouclant un cycle correspondant à mon activité dans le monde du travail.

    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour Pierre,

    Je suis toujours aussi content de vous lire, continuez !
    L’exploit littéraire est que sur un sujet aussi dramatique, on rit beaucoup ! c’est la force de l’humain !
    Votre texte a un intérêt historique à mon avis car dans une cinquantaine d’année les étudiants en
    médecine liront se texte ils seront offusqués par la barbarie et l’amateurisme des grands professeurs de médecine de notre époque, ils seront très amusés de la réponse " vous avez entre 0 et 100% de chances etc..."
    "et dire que chez ces gens là, monsieur, on se croit presque dieu !"....
    L’amour est aussi un problème, mais là c’est plus du Brel, c’est du Léo Férré, avec le temps...., On s’aime comme des fous prêts à donner sa vie pour celle (ou celui) sans qui il est impossible de respirer, et 10 ou 15 ans après on chipotte pour faire réparer la chaudière....
    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour Pierre,

    Cette petite histoire s’est déroulée sur 6 mois environ.

    Sans une pincée de rire elle m’aurait parue imbuvable,
    Sans rires la vie est comme une lampe sans huile disait Walter Scott.

    Amicalement Louis Gulli

  • rectificatif :

    il faut lire :"tabda al horreya eindama yantahi al jahl" ! mais la traduction est bonne, c’est la phrase de Victor Hugo !

  • Bonjour Pierre,

    Pour bien montrer combien vos paroles me semblent d’actualité,
    dans le journal "La Croix", d’aujourd’hui 14/01/2015 page 6, il y a une photo d’un défilié à Berlin.
    Sur cette photo une personne tient un énorme crayon sur lequel est écrit à la peinture rouge et en
    langue arabe " tabda al horreya eindama yantahi al djihad" (c’est la transcription de ce qui est écrit en arabe)
    ce qui signifie littéralement " La liberté commence quand s’arrête l’ignorance".

    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour Pierre,

    Beau texte, on pourrait croire que ce ne sont que quelques souvenirs, mais quelle actualité dans les thèmes.
    Je viens de finir le roman d’Ala al aswani, "l’automobile club d’Egypte", vous y retrouvez à longueur de pages
    le fond de votre description " la sommission est source d’obscurantisme", et pourtant Al Aswani raconte une histoire
    qui se passe sous le roi Fouad dans les années 30 en Egypte, ce qui prouve l’universalité et l’enracinement temporel
    de la domination par la soumission. Vous parlez de certains auteurs qui ont marqué nos jeunesses, Cabu, Cavana, Reizer, Wolinski, Golieb, tous très connus en 68 sont-ils encore au goût du jour ?
    Je pense que vous avez écrit ce texte bien avant les récents événements, peut-être vous a-t-on reproché une approche un peu vieillote et dépasée, mais l’histoire a l’humour féroce de revenir en force quand on veut nous faire
    croire qu’elle est complètement dépassée.
    C’est toujours un plaisir pour moi de vous lire,
    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour,

    J’ai écrit ce petit texte il y a cinq ans, c’était pour moi, uniquement pour moi, comme ceux qui jouent de la guitare pour eux rien que pour eux.

    C’était un vendredi après midi de 14 à 16h, la période la plus dure de la semaine, car les élèves sont fatigués donc agités, ne pensant qu’au week-end qui allait sonner dans les quelques heures qui suivraient.

    J’avais 60 ans, pas un perdreau de l’année dirait-on, mais j’étais exténué. Cette séance m’avait mis hors de moi et pour évacuer mon stress j’ai écrit, comme je le faisait souvent.

    Je ne pensais pas que ces quelques lignes, en les publiant, poseraient autant de questions, c’était juste pour rire ! (ou plutôt pour ne pas pleurer à l’époque).

    Je suis incapable de décrire les misères de ceux qui les vivent vraiment quelles que soient leurs situations, ils faut bien trop d’imagination pour pouvoir le faire ! Les vraies douleurs sont muettes (comme disait Valérie T.)

    Désolé, c’était pour rire !

  • Bonjour Anveline,

    Je ne peux pas dire que j’ai été torturé ni que que j’ai torturé. Il y a des moments plus difficiles que d’autres, c’est sûr et par conséquent des moments plus heureux que d’autres.! C’est la vie !

    Je vis à Toulouse, je suis rentré du Caire, quelques uns de mes élèves egyptiens font maintenant leurs études à Toulouse dans différentes universités, nous sommes devenus très proches,

    Je leur sers un peu de famille. Il s’adressent spontanément à moi quand les petits problèmes de la vie quotidienne française les surprend un peu.

    Mes enfants font le trait d’union des générations. Quand mes élèves ont des problèmes en maths dans leurs études, ils accourent !!!!

    Quand leurs parents viennent à Toulouse nous nous rencontrons systématiquement, réunion de famille en quelque sorte, et les parents sont rassurés de savoir qu’une famille est là en cas de problème, et croyez moi les petits problèmes de tous ordres sont fréquents, maladie, harcèlement, cautions locatives pour des étrangers, références diverses.... Je suis heureux de pouvoir être utile.

    Amicalement, Louis Gulli

  • Moi non plus,Nathalie je ne regrette rien, après quarante années d’enseignement de mathématiques.

    J’ai eu des fils de césar et des fils rien comme élèves, chacun d’eux était particulier.

    J’ai aimé ces rencontres.

    Mais il me semble que Confucius a dit : "l’expérience n’est qu’une lanterne accrochée sur
    le dos qui n’éclaire que le chemin qu’on a parcouru".

    Amicalement, Louis Gulli

  • Par passion peut-être, passion est un beau mot qu’en pensez vous pas ?

    Amicalement,

  • Oui Myriam, apprendre c’est un effort, bien d’accord avec vous, c’est même le premier effort qui est la base de tous les efforts que nous auront à faire dans la vie !

    Entièrement d’accord avec vous sur la foutaise !

    Je n’ai pas tout raconté dans ce petit récit, ces récits se doivent d’être smooth !

    Jamais je n’aurais pu raconter ce qu’il se passe réeelement dans une classe.

    J ’ai écrit un petit récit que j’enverrai bientôt à "raconter la vie" et qui raconte la véritable torture d’une de mes collègues encore en poste dans un lycée professionnel.

    Je pense qu’en tant qu’auteur léger j’ai fait mes preuves puisque j’ai été publié trois fois sur ce site, je vous fiche mon billet que mon récit sur le calvaire que vit cette pauvre collègue sera refusé, on peut certainement dire des choses, mais les bornes resteront les bornes, un peu comme la
    naiveté qui a quand même ses limites.

    Merci pour votre message Myriam.

  • Je crois que la plus grande des qualités pour être prof c’est la naiveté !

    Croire que ce que l’on fait est utile.

    Croire que le temps que l’on passe à préparer ses cours, à modifier la moindre virgule, est une garantie de la rotation de la terre.

    Vérifier que le moindre mot écrit dans le commentaire d’une copie est juste,qu’il éclaire sans démagogie, qu’il aidera mais ne détruira pas,

    Croire qu’espérer est le propre de l’homme.

    Croire que tout peut changer et qu’on doit participer de tous nos efforts à ces changements.

    Pour sélectionner les profs aux concours il faudrait introduire une épreuve de naiveté, épreuve éliminatoire.

    Les examinateurs seraient des gens sortis de l’ENA ou de supers écoles de commerces ce qui garantirait leur expertise pour ce qui concerne la naiveté de leurs interlocuteurs.

    Ariane Mnouchkine est un monument, dommage que le mot "héros" sous entend souvent énorme sacrifice.

  • Oui Kahina !

    J’aime bien votre commentaire !
    "Heureusement qu’il reste la vocation ! mais ça ne fait pas tout hein ?"

    En si peu de mots aller ainsi au plus profond des choses !

    Moi c’est fini, il reste les autres !

    Les Jacks, les Luc, les François les Najat, sont là pour soutenir le contraire, ils ont une image à peaufiner !
    Vanité des vanités tout est vanité ! qu’importent les souffrances, et si par malheur certains les expriment, il suffit de mettre en avant l’optimisme et la rage de vaincre des forts
    pour étouffer en un tournemain leur inefficacité et hop ! il suffit d’être fort !

    Merci Kahina pour votre jolie phrase.

  • Pour moi tout ça c’est terminé, je suis à la retraite, mais j’ai des collègues qui souffrent énormément.
    J’ai écrit un petit texte sur la souffrance d’un de mes collègues que je proposerai
    certainement bientôt, il n’est pas rigolo du tout !
    Je suis content que ce petit texte vous ait fait rire.
    Je suis bien d’accord avec vous devenir prof, plus personne n’en a envie, mais il parait qu’il y a des gens qui ont des idées pour rendre l’enseignement ludique, intéressant, bref super qouâââh ! Je leur fais une confiance totale, ils savent spontanément comment faire.
    je suis en admiration ! Moi ma seule défense anti burn-out a été l’humour.... encore que... ;

  • Bonjour Pierre,

    Je viens de lire votre texte ! Ca décoiffe ! Je compatis ! J’ai connu de très bons proviseurs et de très mauvais proviseurs.
    Je crois effectivement que les très mauvais peuvent nuire énormément, c’est leur graal. En 40 ans d’enseignement
    j’ai eu quelques histoires comme ça, mais beaucoup moins violentes que la vôtre. Partout on tend à remplacer l’humanisme par la gestion les humanistes par les gestionnaires, et ça fait souvent des dégats, car les bases ne sont pas les mêmes. L’humanisme a pour valeurs fondamentales le partage, la culture la solidarité, la compassion. La gestion a pour valeurs fondamentales, le profit, l’optimisation, la domination.
    Pour moi mon choix est vite fait , et je pense qu’il rejoint le vôtre.
    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour Kahina,

    C’est fait je vous ai envoyé le texte que vous avez demandé.
    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour Pierrre,

    Ca me fait plaisir que vous ayez aimé, car je suis un de vos fan.
    Votre commentaire est exactement celui que j’ai fait à Pauline Miel quand elle m’a proposé de l’éditer.
    Si ca vous intéresse je vous envoie par mail l’original, il fait 30 pages en PDF.
    Amicalement, Louis Gulli

  • Bonjour,

    Egal à vous même, depuis je suis vieux je commence à devenir fan !

    Votre don de l’observation, et l’humour qui vous caractérise, fait de vous, un nouveau
    La Bruyère.

    Ce site, "Raconter la vie" ressemble à un forum ou les gens se parlent en prenant
    le temps de s’exprimer, sans être coupés, en prenant le temps d’écrire.
    Je pense que vous allez devenir un pilier du site, et que tous ceux qui aiment lire viendront
    y trouver, chacun suivant sa sensibilté, ce petit réconfort quotidien indispensable à la survie.
    Encore bravo !

  • Bonjour,

    Un texte réconfortant.

    Il reste encore, dans ce monde à l’odeur fétide, des hommes et des femmes humains,
    Vous nous faites sentir comme la fraternité, la compassion, la solidarité, la générosité
    sont réconfortantes, et cela sans vous draper dans une quelconque religion qui vous
    garantirait une vie paradisaque éternelle.
    Vous donnez, contrairement à ceux qui prennent. Il reste une petite lumière...

  • Quelle vivacité, pour un suisse et vieux de surcroit ! Un vrai sens de l’observation et de la narration, l’humour en sus.
    Dur dur d’être vieux, mais votre discours nous déride.
    J’ai assisté à une fête des voisins, ici à Toulouse, votre destination fétiche, évitez la demande d’asile, c’est pas mieux !
    Les gais, les animateurs ceux qui bougent par vocation, qui marchent par dessus votre intimité sous prétexte de convivialité expansive et obligatoire, les staliniens du bonheur, les stakhanovistes du relationnel, tout ce que vous décrivez si élégamment, on les retrouve partout dans nos sociétés où il est difficile d’accepter de ne plus être.
    Et si au "comment ça va" il m’arrive de répondre "ça vous intéresse vraiment ?",je regrette aussi sec de me sentir aussi jeune.

    Ce que vous écrivez est frais, il ne sent pas le moisi, continuez à nous faire rire, car le rire n’a pas d’âge, c’est la seule communauté qui m’attire.

    Amicalement, Louis Gulli