Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
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Les raisons d’un engagement

par Pierre Rosanvallon , 2 janvier 2014 - Permalien : http://rlv.cc/a82

La société française est aujourd’hui désenchantée. Elle a le sentiment de ne pas être écoutée et comprise par un monde politique qui plane au-dessus de la réalité et vit en vase clos. Faute de percevoir un horizon, elle est aussi minée par les peurs et les crispations identitaires.
Je n’ai pas voulu en rester à ce diagnostic inquiet et désabusé. Il m’a semblé que pour aider le pays à sortir de l’ornière dans laquelle il est dangereusement enlisé, il fallait prendre une initiative à partir de ce que je savais faire. C’est à cela qu’a correspondu pour moi la maturation du projet “Raconter la vie”, avec ses livres et son site participatif. C’est pour moi l’entreprise politique et intellectuelle la plus forte que j’ai jamais mise sur les rails (et je n’en suis pas à mon coup d’essai !). C’est aussi un engagement moral et la volonté de faire une expérimentation littéraire qui me motivent et m’ont décidé à m’investir totalement dans ce projet pour les années à venir.

  • Le "désenchantement" est un sentiment et un sujet complexes. Un "désenchantement" peut provenir d’un "enchantement" antérieur qui était irrationnel, délirant, naïf, et le "désenchantement" n’est ni plus ni moins alors qu’une lucidité nécessaire, que l’on sait refuser pendant longtemps, préférant se bercer de tendres illusions. En outre, il n’est pas certain que la "société", cette forme informe anonyme, soit si désenchantée, puisque des évolutions nécessaires ou inattendues se sont produites et rendent la vie plus intense, intéressante, agréable. Par contre, il est vrai que les citoyens ont un énorme problème avec une partie des élus : ils ont l’impression d’avoir à faire à un mur, dont ils sont en partie responsables, puisque ce sont eux qui les élisent. Mais en 1936, en 1968, et lors des grandes grèves qui se sont produites entre 1968 et aujourd’hui, l’existence de ce "mur" ne s’est-il pas confirmé et n’était-il pas alors plus dur qu’aujourd’hui ? Ce qui est certain, c’est que les évolutions techniques et civiques qui ont changé la vie humaine dans nos pays et dans celui auquel nous nous trouvons n’ont pas encore totalement pénétré un monde politique "archaïque", d’ailleurs dominé par des sexagénaires et plus.


  • Ce fossé générationnel entre ce qui est et fait la majorité civique et la majorité des élus est évident et déterminant. Mais il n’est pas que générationnel, il est aussi juridique et économique. La majorité des élus ont des revenus élevés, relevant de la classe moyenne supérieure, voire plus. Et ils prennent des décisions pour une majorité civique qui est aujourd’hui fixée autour de 1500 euros mensuel. Le fameux "pouvoir d’achat", immédiatement abandonné par le candidat Sarkozy après 2007, continue de constituer un problème majeur, et au lieu de réunion les meilleures têtes pensantes, mais aussi des citoyens, pour réfléchir aux solutions novatrices, l’entité juridico-économique de l’Etat, les élus et les hauts fonctionnaires, décident de tout, ensemble et seuls. Ce pouvoir autistique était intolérable il y a des décennies, il l’est encore plus à l’époque de l’interconnexion généralisée. Il faut donc saluer ce projet, individuel et collectif, en espérant qu’une fois de plus, les attentes d’une telle mobilisation civique ne seront pas déçues.


  • En tant que sexagénaire, veuillez m’excuser de trouver dérangeante votre remarque un tant soit peu désobligeante envers cette tranche d’âge, Grellety. Dans les sociétés archaïques, les anciens avaient la réputation d’être sages ; leur expérience et, grâce à cela, la sagesse acquise leur conféraient, au moins en théorie, l’écoute et le respect des plus jeunes. On en est bien loin (mais on en était déjà bien loin à l’époque de Platon qui le déplore) et je reconnais qu’aujourd’hui, nos élus sexagénaires, dans leur ensemble, ne brillent pas par leur sagesse ou leur hauteur de vue, et que pour le reste, vos remarques ne sont pas dénuées de pertinence.


  • Nicole, ma remarque sur les sexagénaires concerne les sexagénaires élus, et pas les autres sexagénaires. Enfin, la réputation d’être "sage", dans ces sociétés archaïques (et il faut donc considérer que la France est encore une société archaïque !), est une auto-réputation que ces réputés et supposés "sages" se donnaient à eux-mêmes, puisqu’ils récusaient à priori les prétentions des plus jeunes. Or il est tout à fait légitime de considérer que, à la différence du vin et d’autres substances qui se bonifient avec le temps, la conscience humaine ne s’améliore pas nécessairement avec le temps. Est-il raisonnable que dans notre pays la seconde chambre de la Représentation Nationale soit composée d’élus âgés, voire très âgés, même si la dernière élection a permis un léger rajeunissement ?


  • Pourquoi les jeunes et ceux qui ont entre 30 et 50, qui forment aujourd’hui la majorité civique, doivent, devraient être écartés, comme ils le sont, de cette représentation ? La parité a été un thème de mobilisation, justifié. Mais il faudrait aujourd’hui s’interroger sur une "représentation" si sociologiquement peu représentative. Et comment faire évoluer cette représentation et ces modalités d’élection ? Notre époque est en train de connaître une nouvelle "vieillesse" : les sexagénaires retraités et hyper actifs, en meilleure santé qu’auparavant. Ils méritent tout autant de faire partie de cette réprésentation, mais précisément, ce sont leurs copains de génération qui dirigent la France.


  • Le problème, selon l’idéaliste que je ne manque pas de rester, n’est pas une question d’âge ; il est que la politique est, depuis longtemps, devenue un "métier" (quand beaucoup d’autres disparaissent petit à petit), lucratif qui plus est, et qui permet à l’ego de nos élus de s’épanouir de façon éhontée alors qu’il devrait s’effacer au contraire devant l’ampleur de la tâche et par souci de l’intérêt général (car il existe bel et bien cet intérêt général, ne serait-ce que sous la forme d’un monde encore vivable d’ici quelques années, ce qui est loin d’être le cas ; à ce propos, nos élus devraient peut-être s’intéresser à ce qu’en disent les auteurs du Rapport Meadows de 2012, 40 ans après le premier de ce nom).


  • Le monde politique (comme les autres sphères "visibles" de la société) est surtout celui des arrivistes, des grandes gueules, et je suis bien d’accord que la plupart du temps, nos élus ne représentent qu’eux-mêmes, de l’échelon local (j’ai été conseillère municipale d’un village d’une centaine d’habitants, je l’ai vu) à l’échelon national. Un des plus emblématiques spécimens de cette mascarade s’est d’ailleurs incarné en la personne de Bernard Tapie, mais il n’est pas le seul, n’est-ce pas ? Suivez mon regard. Cela dit, ma pauvre petite personne n’a pas de solution, dans le cadre des institutions de la Ve République, pour remédier aux défauts de la représentation nationale telle qu’elle existe, où les femmes (et pas seulement les jeunes en général), sont si mal prises en compte. Et puis, vous le savez, "le problème, c’est la finance" ... Nous l’avons tous cru !


  • Oui c’est bien la finance qui dirige le monde !!!Les politiques n’ont plus de poids et ne peuvent plus rien faire contre ce mur invisible qui via la mondialisation exploite là en Europe de l’est puis , après en Chine , l’inde et d’ici quelques années l’Afrique quand ces autres pays auront augmenté leur niveau de vie. ; laissant partout derrière eux des millions de chômeurs et de pauvres
    Alors à quoi bon se déplacer pour voter !!! le pouvoir de l’égo et celui de l’argent ne se combat
    pas dans les urnes mais dans les têtes et la remise en cause d’un système par d’autres modes de production , de vie , lutter contre l’individualisme que le système de compétition impose dans le travail , l’ecole .
    Oui à 65 ans j’ai décidé de ne plus voter et ne pleurnichez pas à me dire que le vote est un devoir et que certains se sont battus pour l’avoir.
    C’est un droit mais pas un devoir , et rappelez- vous que d’autres se sont battus en 1936 pour les congés payés , puis pour les 40 heures hebdomadaires , puis les 35 heures. Et cela ne vous gêne pas que nos politiques à l’ego surdimensionné piétinent ces avancées .
    Un, certain Paul Lafarge a écrit au siècle dernier "Le droit à la paresse " , alors Mr et Mme les intello relisez-le


  • Michel, nous sommes bien d’accord que c’est la finance qui dirige le monde. La dernière phrase de mon précédent commentaire se cachait derrière un sourire ironique qui ne visait pas cette réalité mais celui-qui prétendait la combattre, auquel comme la majorité de nos concitoyens, j’ai fait confiance pour ce faire ... Vieillard plein de sagesse, ancien combattant des Forces Navales Françaises Libres, mon beau-père citait souvent ce proverbe : "Ploutos, la Fortune et l’Amour sont trois aveugles-nés qui mènent le monde". Rien n’a changé depuis la nuit des temps.


  • Je rejoins votre position : sans avoir pris une décision irrévocable, je pense moi aussi, ne plus aller voter aux élections présidentielles (parce que dans mon village, les municipales ne sont pas un enjeu politicien mais politique au sens premier du terme), et pourtant, les Françaises l’ont eu bien tard ce droit de vote (1944) ! Ce seul fait me poussait à me rendre au bureau de vote. Jean Baudrillard a pourtant expliqué que le droit de vote a été concédé quand il ne présentait plus de risques pour les puissants ...


  • Mais pourquoi être méchant, Michel, et manier le mot "intello" comme une menace (comme le font les collégiens d’ailleurs pour déstabiliser leurs camarades qui travaillent bien) ? Vous écrivez, je vous cite :" le pouvoir de l’ego et celui de l’argent ne se combattent pas dans les urnes mais dans les têtes et la remise en cause d’un système par d’autres modes de production, de vie, lutter contre l’individualisme que le système de compétition impose dans le travail, l’école ." Pour combattre, "dans la tête" de ceux qui lisent encore, le système absurde qu’on nous impose, "l’intello" que je suis devenue par hasard (et qui ne voit pas le rapport avec Paul Lafargue, excusez-la), s’est fendue de quelques livres, que vous trouverez sur le site des éditions L’Harmattan. Elle a aussi essayé, tout au long de sa carrière de professeur, d’enseigner les valeurs humanistes à des centaines de petits élèves ... mais certainement pas le droit à la paresse, car elle croit au travail (le travail "noble" celui dont parle Victor Hugo, et non au travail salarié aliénant (celui dont parle Simone Weil - la philosophe, au moins au travail que l’on fait sur soi pour s’instruire et s’émanciper.


  • Je rectifie et rends à César ce qui appartient à César. La citation exacte est "Ploutos, la Fortune et l’Amour sont trois aveugles-nés qui gouvernent le monde". Ce n’est pas un proverbe mais une expression de Voltaire.


  • merci de cette initiative
    la parole est donnée à tous, j’espère que ce collectif de vies, d’idées, servira à un projet pour l’avenir
    ne restons pas dans la marasme défaitiste, soyons optimistes !
    je vais m’appliquer à participer, à parler de ma vie, de mon histoire de française "français moyen"
    ma vie n’est qu’un exemple parmi d’autres, sans grand intérêt en soi, mais des recoupements avec d’autres vies seront sans doute intéressants


  • Beau projet ! Le lien avec la littérature est très intéressant. On pense à Zola, bien sûr, qui se documentait minutieusement pour restituer une parole et un vécu. Moins connu, Pierre Hamp, cet écrivain à l’itinéraire professionnel si singulier, qui s’est un peu inscrit dans un projet semblable avec son grand oeuvre "La peine des hommes", qui voulait faire connaitre les métiers de ce peuple invisible. J’y retrouve la même démarche humaniste.


  • Un superbe projet !

    J’espère être capable de communiquer avec autant d’intensité et de conviction que dans les quelques publications du site que j’ai pu consulter.

    Dans cette période de grandes incertitudes ou tous les modèles organisationnels sont remis en cause, la société d’aujourd’hui est surtout malade de sa gouvernance.

    Les experts patentés qui participent à l’organisation de la cité sont manifestement en échec.

    Paradoxalement et pour notre plus grand malheur nous acceptons que nos experts soient auto-proclamés ou désignés par leurs pairs, qu’ils soient réputés infaillibles et incontestables. Pire encore, nous n’invoquons jamais leurs responsabilités dans les mesures qu’ils préconisent pour nous gouverner.

    Une société privée de repères ne peut que s’égarer dans des chemins de perdition.

    J’ai toutefois l’espoir que du chaos resurgiront de véritables solutions permettant l’émergence d’un monde meilleur.


  • Le changement ne peut être seulement économique et politique, il doit se traduire par une libération des énergies personnelles, une participation active. beau projet que de contribuer à faire émerger questionnements, émotions, expériences de nos vies. Oui ces échanges participent de la révolution de la pensée qui ose le partage. Pas facile.


  • “Beau projet ! ” … attention !
    Effectivement les petites gens de France ne se sentent pas écoutées, ni représentées, par leurs politiciens. C’est très bien de les mettre en lumière à travers le site et les livres. Mais pourquoi cette démarche ne va-t-elle pas dans les DEUX SENS, pas uniquement vers nous, mais aussi en mettant en lumière l’élite politicienne dirigeante ? Car à mon sens, “nous” ne sommes pas les seuls invisibles. Le phénomène de l’image est pervers : les personnalités politiques sont très en lumière de par leurs fonctions médiatiques, et pourtant, alors que nous les voyons tous les jours, que connaissons-“nous” réellement de leurs vies ? Les petites gens se regarderont mutuellement et se connaîtront par l’intermédiaire des livres, mais cette élite, qui est (selon moi) le “révélateur d’une crise sociale” ne sera lui en aucun cas regardé. C’est là que l’entreprise intéressante de Mr Rosanvallon rate un peu son “objectif démocratique et participatif”.


  • Pour rappel, ce que nous vivons aujourd’hui en France comme La Démocratie a plusieurs définitions (représentative, direct, participative …), et nous sommes en démocratie représentative. Pour résumer, nous faisons entendre nos “voix de faible ampleur” par le vote lors d’élections. On vit en se faisant représenter. Cette action politique et les impacts cherchés sont limités à postérirori sur le “terrain”. Quelle différence avec écrire un livre sur soi ? Il est vrai que ce site et ses livres auront pour effet d’exprimer des tensions personnels, de se confier, et entendu comme chez un ami ou un psychologue. Sorte de sas de décompression social, l’entreprise de Mr Rosanvallon aura cet effet positif. Mais aura-t-il réellement un effet sur notre pouvoir de participation concrète dans notre démocratie ? Car je pense que nous cherchons tous cela, au fond.


  • Et bien, j’en ai des choses à dire.
    Probablement parce que je comprends bien le projet maintenant que je vous ai écouté et vu à travers les émissions.
    je voudrais savoir quelles sont les risques de récupération politiques ? Comment ne pas tomber dans une autre caricature de la France courageuse, petite, souffrante des mauvaises pratiques de nos élites.
    C’est difficile pour moi de trouver un juste milieu. Il existe une certaine catégorie de gens qui sont probablement comme les décrivent M. Sollers et le journaliste italien. mais quand même, comment peut-on caricaturer à ce point en étant un littérateur écrivain ?
    Je ne m’en prends pas aux personnes. Je n’aime pas cela. J’admire votre calme sur ce plateau.
    On eut dit un dialogue de sourd avec les non-voyants et sourdingues en face de vous.
    ce que je pressens c’est que c’est une refonte des valeurs de l’éducation, l’apprentissage, le respect dès la petite enfance.
    Avec en face, des géants comme Amazon, des politiques qui vendent les trésors du patrimoine à Abu Dhabi ... par exemple.
    mais j’y crois et je fonce.
     :-D peut être un peu trop.
    Bien à vous,
    Sandrine.
    I


  • Bravo pour cette initiative ! Il est indispensable de mettre des mots sur le malaise palpable de notre société, pour mieux le cerner, le comprendre, et peut-être parvenir à l’exorciser. Le monde artificiel sur-médiatisé ne correspond certes pas à la réalité que vivent les gens. Les politiciens des partis traditionnels sont devenus des professionnels, et se sont coupés du terrain. Sont-ils trop au-dessus pour s’en apercevoir ? peut-être que le sujet les dérange...en tous cas ils sont incapables de faire leur auto-critique. Avec leurs alliés médiatiques et économiques, ils ont su culpabiliser les citoyens et semer la suspicion, le doute, la jalousie, l’intolérance en les divisant, de sorte que c’est la défiance qui règne à l’école, au travail, dans la rue. La défiance qui s’oppose à l’idée de lien, donc de bien-être social.
    A priori, le monde contemporain a généré dans tous les pays développés les mêmes caractéristiques. Alors pourquoi la morosité semble atteindre tout particulièrement les Français ? ...
    Il me semblerait intéressant de creuser cet aspect-là des choses, ne pensez-vous pas ?
    Pierre


  • Pour le psychiatre Serge Hefez, cette tendance française à voir le verre à moitié vide s’explique en grande partie par la culture de l’Etat providence, qui rend difficile à admettre la déliquescence d’un mode de vie avantageux. Les Français ressentent une perte du sentiment de protection de cet Etat-providence et une disparition de certaines valeurs qui font la France, comme l’égalité.
    Les économistes Yann Algan et Pierre Cahuc, dans un essai publié en 2007*, estiment que si les Français sont plus pessimistes que leurs voisins, c’est parce qu’ils vivent dans une "société de défiance". Ils étayent que "le mélange de corporatisme et d’étatisme du modèle social français suscite la défiance et l’incivisme plus que dans les autres pays européens". Ce qui expliquerait une tendance au pessimisme plus importante.
    Un espoir cependant, si nous faisons du surplace depuis trop longtemps, s’il y a blocage les français sont loin d’être inertes, ils se font entendre et cherchent comme ici à s’en sortir, confiants et innovants. Ainsi j’apprécie beaucoup la qualité de nos échanges.


  • Oui Jean-Paul, important livre que celui de Algan et Cahuc, qui fait aussi un parallèle entre l’école, qui par son type d’enseignement "vertical" favorise peu le dialogue et la coopération, engendre la défiance d’une part, et d’autre part l’entreprise, dont le système de management pareillement vertical provoque des comportements individualistes au détriment de l’esprit d’équipe.
    Oui, et si le malaise commençait dans l’enfance, à l’école ?...
    Alors d’accord, face à l’inertie des gouvernements qui proposent des successions de fausses bonnes réponses, les Français ne sont pas dupes. Ils sont même capables de réagir. Le problème est de se faire entendre !
    Autrefois, les hommes de pouvoir savaient s’entourer d’intellectuels, sociologues, philosophes qui apportaient de la pensée et de l’éthique. Aujourd’hui, le pouvoir est économique et financier ; il a bouté dehors la voix du peuple et les conseils des penseurs. J’ai l’espoir qu’une alliance des uns et des autres ouvre un corridor humaniste dans la pensée unique...reste à voir comment s’y prendre...


  • Oui Pierre-Yves l’éducation est la grande affaire. Le défi immense, l’enfant n’est pas qu’un récepteur. Et puis bien sûr comment peser ?

    Robin Renucci indique une voie et pose de bonnes questions : "la création d’abord quelle qu’elle soit, la diffusion la plus large et l’infusion afin de faire germer des créations qu’ensemble on va faire émerger. Comment une œuvre d’art, une représentation, vient-elle vraiment s’inscrire dans une population ? Quelles traces laisse-t-elle ? Dans quelles conditions. Peut-elle participer à une élévation ?"

    S’écouter, tisser du lien, au quotidien être auteur responsable, fraternel, à tout le moins solidaire est un faire ensemble, une métamorphose, un vrai bonheur à saisir avec lucidité. Il redonne à chacun toute sa dignité, ouvre un champ de possibles. Par ailleurs, "Nouvelle donne, Le pacte civique, Les colibris montrent bien que le peuple français ne subit plus sans réagir ces temps délétères.



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