Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Francis Després

Je suis un jeune senior, comptable retraité, et c’est la première fois que j’ose raconter mon parcours face à la maladie.


Récit

Alors commença un long calvaire  

Francis souffre de troubles bipolaires et se heurte à l’incompréhension de son entourage.

Je ne comprenais pas ma maladie, je me sentais mal et pour moi, dans un premier temps, tout bascula. Je n’étais plus le même homme.

Publication : 11 février 2014

Durée de lecture : 4 mn

Nombre de mots : 930

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Ses derniers commentaires

  • Suite de mon commentaire précédent :

    L’inconvénient des médicaments est une certaine fatigue mentale et un manque d’émotions.
    C’est très difficile de s’en sortir et le doute l’emporte souvent.
    Si je me dévoile ainsi, c’est que j’ai vécu un enfer et c’est pour aider ces personnes qui ont la même pathologie et je pense à tous ceux qui les entourent et qui vivent cela au quotidien.
    Bien amicalement
    Francis

  • Bonjour

    Il y a plusieurs degrés dans la bipolarité. Certes, l’entourage d’un malade souffre tout autant ne comprenant pas vraiment la force de manipulation du malade.
    Pour nous, les bipolaires, nous ne sommes pas malades. C’est là le gros problème dans cette maladie. En phase maniaque nous sommes des supermans et en phase dépressive nous sommes pitoyables.
    Quand nous avons accepté que nous sommes dans cet état de bipolarité, nous pouvons nous soigner. Notre entourage, (conjoint, enfants) bien souvent ne résiste pas à cette épreuve et s’éloigne.
    Nous nous retrouvons seuls, nous nous replions sur nous mêmes et nous nous considérons parfois comme des parias.
    Il faut prendre régulièrement et à vie ses médicaments et trouver le bon psy qui vous écoute. Mais il faut savoir que le psy n’est pas le guérisseur, il n’est là que pour nous aider à y voir clair en nous-même.
    Les causes de cette affection sembleraient être génétiques et peuvent se révéler à la suite d’un grand stress.
    Cette maladie est très invalidante. Savez-vous si l’on peut être reconnu invalide à 100% ?
    Nous sommes souvent des gens hypersensibles et susceptibles et nous avons besoin de contacts.
    Je souffre du manque d’affection de la part de mes enfants qui ont pris beaucoup de recul par rapport à moi.
    Cette maladie est mal connue et mal perçue ; pour mes enfants, soit je ne suis pas malade et je suis un sale type, soit je suis un malade que l’on laisse de côté.

  • Bonjour France,
    Votre témoignage est poignant et vous décrivez bien la réalité de cette maladie.
    J’ai retrouvé dans votre récit une bonne partie de mon propre parcours et de celui de mon entourage.
    C’est vrai que l’on est bien seul devant cette maladie qui est difficile à diagnostiquer.
    Même si la famille vous aime, on ne comprends plus leur langage. .
    Je crois que le plus difficile pour un malade, c’est d’admettre qu’il est malade et qu’il doit avoir des soins.
    Comme vous dites si bien, il faut trouver les bonnes molécules enfin celles qui vous correspondent le mieux possible, la molécule idéale étant encore à découvrir.
    Dans les phases dépressives, nous sommes par moments comme des enfants perdus. Dans les phases maniaques nous sommes au contraire "les rois du monde", sûrs de nous et infatigables et cela a quelque chose de diaboliquement excitant.
    J’ai eu une période de dépenses excessives, dépensant sans compter pour des dépenses courantes et changeant de voiture tous les ans et payant des pots à gauche et à droite pour meubler ma solitude.
    J’ai enchaîné les prêts à la consommation au point de ne plus pouvoir les rembourser.
    La seule chose qui me peine est que ma famille pense que ma compagne reste avec moi pour l’argent, alors qu’elle m’a aidé à sortir de ma situation de solitude et de mon "enfermement moral" et ma situation financière. Je suis toujours plein de promesses, que je n’arrive à tenir que partiellement.
    Merci
    Francis

  • Suite de mon précédent commentaire :

    Mais j’ai toujours à l’esprit que je dois faire un effort pour ne pas tout démolir....là, j’ai fait un progrès.
    Il y a deux ans, sur un coup de tête, je suis allé voir un psy à l’hôpital psychiatrique pour un problème d’épisode maniaque, suite à un changement de traitement. Ma compagne m’a sorti de l’hôpital et nous sommes partis en voyage et tout est rentré dans l’ordre en changeant de psychiatre et j’ai repris mes anciens médicaments.
    J’étais quelqu’un de très renfermé et maintenant je suis très extraverti, j’ai du mal à trouver le juste milieu.
    Je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas puisque dans la population mondiale 1 à 2 % souffrent de cette pathologie..Je me suis remis à la peinture, mais le redémarrage dans ce loisir est toujours pour moi difficile.
    Lundi, je vais donner un "coup de main" à un ami qui finit d’aménager sa maison. J’ai pris goût au travail manuel, avec ma compagne nous avons "retapé" la maison d’une amie handicapée en Bretagne.
    Ensuite j’ai été très demandé parmi les amis de ma compagne pour les aider dans l’entretien du jardin ou de la maison. Je me suis rendu compte que j’aimais bricoler.... à mes moyens et le travail manuel m’a permis de découvrir que j’étais capable de faire beaucoup de chose.
    Encore merci de vos encouragements,
    Vous souhaite un bon week-end.
    Très cordialement

  • Bonsoir à vous tous,

    Merci pour vos commentaires si proches de la vie.
    En vous lisant, je retrouve beaucoup de similitudes avec mon propre parcours. Moi aussi, j’ai connu des hospitalisations dans des "maisons de cures" à plusieurs reprises. Chaque fois, cela m’a permis d’avancer vers un retour dans "la vie normale".
    Je sais que par moments je suis très épuisant pour ma compagne mais elle réalise vite mon changement d’humeur. Elle me fait prendre conscience que je vais trop loin.
    C’est vrai que ce n’est pas facile de contrôler ses impulsions. Je doute parfois de moi et lorsque le doute s’installe, cela peut prendre une ampleur démesurée.
    suite dans le message suivant....

  • Bonjour France,
    C’est en lisant votre présentation que j’ai pensé à exprimer mon parcours. Je vous en remercie ainsi que l’équipe de "Raconter la Vie".
    Moi aussi, je mesure toute la souffrance que vous avez pu subir en votre qualité de compagne d’un bipolaire.
    Je vous avoue que je me sens toujours fragile, et je m’en tiens à mon traitement à la lettre. C’est très important ainsi que de voir un psy pour canaliser ses émotions positives (qui deviennent vite excessives) et négatives.
    L’arrêt de l’alcool m’a permis de sortir du cercle où je m’enfermais progressivement. Ces médicaments me permettent malgré leurs effets secondaires de vivre différemment.
    Quand ma compagne sent que je perds pied ou que je deviens agressif ne serait-ce que verbalement, elle m’incite au dialogue en me demandant le pourquoi de cette réaction.
    Nous dialoguons beaucoup et petit à petit, j’arrive à me maîtriser.
    La bipolarité est différente chez chaque individu concerné.
    Ma compagne et moi ne vivons pas sous le même toit, ainsi, je retrouve des moments de solitude et de repos chaque soir.
    Nous avons pris un petit chien, un Yorshire nommé Virgule, qui me fait la fête et qui m’apporte beaucoup de joies.
    Je le promène tous les jours pour notre plus grand bien à tous les deux.
    Merci de m’avoir écrit un petit mot, je l’espérais de votre part.
    Cordialement
    Francis

  • Bonsoir Anne-Christel,
    Votre récit est très touchant. A cette époque, les orphelins de guerre étaient placés là où l’on avait besoin de bras notamment chez les paysans. J’en ai connu dans mon enfance en Normandie. Ma mère me disait "Ce sont des enfants sans parents". En vous lisant, j’ai compris votre force de caractère et votre sens de l’humour que vous avez pris pour surmonter ces épreuves.
    J’ai découvert le drame des Incorporés de Force d’Alsace-Moselle au fil des années passées en Alsace. Je ne mesurais alors pas pleinement les conséquences humaines de ce drame. Vous levez le voile sur ce qu’est être orpheline dans les années d’après guerre et les souffrances engendrées. J’ai hâte de lire votre biographie.
    On oublie souvent que beaucoup de grand-mères actuelles sont les jeunes filles qui ont vécu un passé souvent douloureux.
    Vous avez su rebondir malgré une enfance "pas comme les autres" et vous semblez être une grand-mère épanouie.
    A bientôt vous lire,
    Cordialement
    Francis