Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Regarde les lumières mon amour -
par Annie Ernaux

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Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l’hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. « Voir pour écrire, c’est voir autrement », écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d’observations, l’hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire.


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  • Publication : 27 mars 2014
  • Pagination : 80 pages
  • Format : 140x205
  • ISBN : 9782370210371

19 commentaires :

  • Bonjour,

    Pourrait-on avoir un tout petit extrait s’il vous plait ?
     :-)
    C’est le principe de se rendre visible. Et là je n’ai que le titre.
    Mme Arnaux est visible pour les invisibles.
    Être écrivain à titre professionnel est difficile aussi.
    Je suis parfois abrupte mais c’est ce que je pense.
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonjour, nous posterons l’extrait dès que possible. Et vous pourrez également découvrir les deux autres excellents ouvrages de la collection à paraître en avril ! A bientôt, Sandrine.


  • Bonsoir,

    Merci Pauline.
    Je suis déjà fan ;
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonjour,

    J’ai lu, je pense, l’ensemble de l’œuvre d’Annie Ernaux...et je me réjouis de lire son nouveau manuscrit. C’est d’ailleurs cette auteure qui m’a fait découvrir la démarche des histoires de vie et comment on peut transformer une histoire singulière en histoire universelle.
    Vivement donc le livre en entier.

    Micheline


  • Grand texte d’Annie Ernaux,, je le trouve magnifique..."Parce que voir pour écrire, c’est voir autrement" (A.Ernaux)


  • A.Ernaux s’engage sur une voie plus politique avec ce texte. Non qu’il dénonce violemment, ce n’est pas un manifeste, mais la description "impressioniste" qu’elle dresse de cet hyper Auchan a de quoi nous interroger sur la société qui s’’est construit durant ces cinquante dernières années. L’hyper en est le révélateur en quelque sorte. Il ne s’agit pas d’une enquête journalistique, ni d’une étude sociologique universitaire, c’est plus et mieux que cela. A.Ernaux n’est pas dans le centre commercial de Cergy de manière fortuite. Elle le fréquente depuis plusieurs décennies. Et elle prend le temps d’observer, de "voir pour écrire, pour voir autrement". Cette distance qu’elle prend pour observer, engage chacun d’entre nous à regarder mieux ces lieux que sont les super/hypermarchés et que l’on peut étendre à d’autres lieux du quotidien. La forme prise par ce récit (Journal) épouse admirablement l’énoncé de cet état des lieux de la consommation de masse. J’aime particulièrement l’incipit qui précède l’éphéméride, d’une grande perfection littéraire. C’est un acte politique, aussi, me semble t-il, de publier dans cette petite collection du Seuil qui démarre à peine. À lire sans tarder.


  • Lorsque je fréquente, par inadvertance ou nécessité, les 3 Fontaines, épicentre commercial de mes lieux d’habitation et professionnel, je croise, en quelques minutes, plus de gens que je n’en vois en une semaine entière, bien qu’exerçant un emploi qui me met en présence, chaque jour, et plusieurs fois, des élèves handicapés dont je coordonne la scolarisation, de leurs parents, leurs enseignants, les professionnels du soin qui les accompagne, pas loin d’une dizaine de personnes à chaque fois qui, le week-end venu, seront une centaine croisées.
    Et qui seront pour moi les vrais gens de la vraie vie, mille excuses à Annie Ernaux que je salue silencieusement, et néanmoins amicalement, pour peu qu’on puisse parler d’amitié pour une personne dont on ne connait que les traces écrites, lorsque j’aperçois dans mes pérégrinations quotidiennes, les douze colonnes et l’arc de cercle des bâtiments de Ricardo Bofill surplombant le rouge Miro de la passerelle des étangs.
    (...)


  • (...)
    Car, quelque violence je me fasse, je ne parviens pas à lire en ce lieu une manière de "faire société", sauf à considérer que seule la différence fonde celle-ci, multiple il est vrai, et jamais ce qui nous fait nous ressembler, et qui n’est pas que de fréquenter, un moment ou l’autre, ces temples imposés de la consommation.
    C’est bien de retour dans mon chez moi, et non dans ces lieux trop bruyants, trop lumineux, trop agités, que je me sens faire société avec ceux qui, comme moi, sont devenus ce que nous sommes collectivement devenus : des gens que le temps presse, qui perdent le sens de l’ineffable, du fragile (ah ! les roses et blancs des prunus en fleurs sur le boulevard de l’Oise, le moment venu, fugace, et toujours renouvelé), du presque-rien, dont nous sommes communément faits, sans vouloir nous l’avouer.


  • Annie Ernaux était l ’invitée Des Matins de FC vendredi , je suis donc arrivée un peu en retard à mon travail car il y des choses importantes à faire comme écouter Annie Ernaux !
    Et suis passée chez l’arbre à lettres rue Quenue cet après midi : belle surprise d’y trouver "Regarde les lumières mon amour" ainsi que les autre titres de la collection papier
    La semaine prochaine j’ai très envie d’aller observer qui s’y intéresse ?

    p 63 au hasard " Rien n’a changé depuis Le bonheur des dames, les femmes sont toujours la première cible - consentante- du commerce" Et bien nous pouvons aussi dé consentir


  • Le regard que porte A.Ernaux nous renvoie à notre quotidien le plus banal et le moins interrogé. Le temps infini que nous passons dans ces extraordinaires "cavernes d’Ali Baba" est un temps que l’on ne veut pas voir.
    Elle invite à nous regarder dans notre déambulation, à l’interroger pour une fois... et peut-être à y voir aussi d’autres aspects moins soulignés dans son texte. L’un d’entre eux c’est ce lieu de sociabilité qu’il est devenu. Rencontres entre les rayons de relations relâchés, échanges de nouvelles mais aussi échanges d’un instant sur ces produits leur intérêt ou sur la météo du moment, échanges encore avec les vendeurs, toujours aimables, regards sur ces autres humains qui comme nous se déplacent Caddy en main entre les rayons. Nous jugeons leur choix mais aussi leur tenue, leur manière d’agir, les propos qu’ils échangent... La grande surface nous offre gratuitement une grande bouffée de consommation humaine qui peut nous permettre de mieux supporter notre solitude une fois chez soi...
    Un autre point c’est, comme je l’indiquais plus haut, sa banalité. Une banalité qui est celle de la vie ordinaire des "gens de peu", une banalité sans réelle ostentation, une banalité tranquille qui ne se raconte pas d’histoire et se contente d’assurer un quotidien loin d’être facile.


  • Annie Ernaux est allée à l’hypermarché comme je fais la queue, pour voir. Lectrice d’Annie Ernaux, j’ai été très intéressée d’y lire son regard sur le phénomène des queues aux caisses, puisque j’ai créé un site qui s’y intéresse, pour voir ce qu’on y dit et ce qu’on y pense… Les mots de l’écrivain à ce sujet en disent long sur ce que signifie ce passage en caisse : jamais Annie Ernaux ne dit qu’on y "fait la queue". Et c’est génial ! Son champ lexical est tout autre, et il en dit long, sans doute, sur les usages imposés par le lieu. Voilà le texte rédigé sous cet angle particulier, à découvrir ici, si ça vous dit !
    http://www.queuesdeparis.com/annie-ernaux-a-passe-un-an-a-lhypermarche-sans-faire-la-queue/


  • Je suis éducateur spécialisé. Au début des années 90,jeune professionnel, je travaillais à OSNY dans un foyer pour adolescents en difficulté sociale : mon job consistait à les accompagner dans leur vie quotidienne, recherche d’emploie, logements etc... j’habite à Choisy le Roi, et pour me rendre sur mon lieu de travail j’empruntais les RER, métro,bus...je crois que je n’ai jamais autant lu dans les transports qu’à cette période de ma vie. J’ai ainsi découvert ,en achetant un livre de poche par hasard,les écrits d’Annie ERNAUX. Dans un de ces livres,elle parlait déjà du quartier des "Trois Fontaines" à Cergy. Je connaissais bien, car je me promenais dans l’hyper-marché après le boulot, histoire de décompresser,de penser à autre chose qu’à d’es "situations de jeunes préoccupantes"... et éventuellement d’y faire deux trois courses avant de reprendre le RER pour la banlieue sud !!. Quelle belle émotion de retrouver ce lieux avec "Regarde les lumières mon amour" !! Je me suis revu 20 ans en arrière....Est-ce que ça à véritablement changé ? à part les caisses automatiques et quelques autres avancées technologiques dans les rayons ? Mais à part ça ? Je ne me rappelle pourtant pas de "hyper-discount"...même le mot n’existait pas. Le "bio" commençait à être à la mode, mais pas encore visible sur les étalages.
    Merci à Annie ERNAUX pour sa belle humanité, sa façon de penser qui donne espoir.


  • Voici un récit éloquent et peu banal, malgré son sujet ! ANNIE ERNAUX a l’art de nous plonger dans ses balades en grande surface qui se révèlent pas aussi innocentes qu’elles le paraissent ! Au cours de ses pérégrinations, nous prenons conscience de ce qui se joue dans la grande surface : la douce violence quasi imperceptible de la séduction ! Oui, les grandes surfaces passent leur temps et leur énergie à nous séduire, à nous bombarder de mille promos auxquelles nous n’aurions jamais songé !!!! C’est là tout le pouvoir de la grande distribution : nous savons que nous consommons mais le grand magasin éprouve un plaisir sadique à nous le rappeler ! ANNIE ERNAUX parvient à dénoncer cet univers, mais tout en délicatesse et avec une ironie mordante parfois, voire humoristique ! Ses promenades régulières nous interpellent et changent notre regard sur ce monde complètement deshumanisé en réalité : les gens se côtoient sans se parler vraiment, ils ne pensent qu’à remplir leur chariot ( je me refuse le vocable - caddie ) et ils sont satisfaits d’avoir rempli leur contrat d’une certaine manière ....Merci à vous, ANNIE ERNAUX, pour ce témoignage fort révélateur sur notre société de consommation....


  • Ce qui m’interpelle dans ces images, c’est l’exubérance, l’excès, l’immensité du lieu : tout est gigantesque et démesuré ! Cela en devient effrayant ! L’alignement des produits, le passage en caisse, les clients semblent écrasés par ce qui les entoure, tout ceci contribue à rendre ce lieu deshumanisé et totalement surréaliste !


  • Outre cet extraordinaire petit grand récit d’Annie Ernaux, je découvre une collection, des gens, des textes ....
    Bravo !


  • Annie Ernaux
    Seuil 2014
    Annie Ernaux est toujours là où on ne l’attend pas, et toujours où il faut être.
    Le regard précis, intéressé d’une femme, d’une écrivaine qui fait ses courses comme tout le monde au supermarché et qui se dit que ce lieu n’est jamais décrit dans la littérature alors qu’il tient tant de place dans nos vies. De son écriture ciselée, avec précision et méthode elle décrit les bâtiments, la galerie, les boutiques, dans une approche à la fois ethnologique, sociologique, mais tout en continuant à guetter dans son propre corps et ses nerfs, son ressenti, son soulagement quand elle trouve une place au parking ; son agacement quand le caddie boite. Elle sait dire aussi la gêne d’être accostée et observée par une lectrice, de son regard qui détaille ses achats, les plaisir de l’anonymat et du collectif, de la chaleur de la galerie l’hiver de sa fraîcheur l’été, le plaisir aussi de retrouver un lieu familier et toujours ouvert.
    Elle croque des scènes du quotidien, au passage, la fille qui veut faire avouer sa paternité à un jeune homme au milieu de ses copains et qui ricane, la grand-mère qui se bat longtemps avec sa petite fille pour lui refuser un gadget et qui finit par céder, pleine de mauvaise humeur, celle aussi qui s’émerveille des décorations de Noël et qui dit à son petit-fils « regarde les lumières mon amour ».


  • En achetant ce livre, j’ai découvert la collection raconter la vie et je suis allée sur le site. Je suis heureuse de connaître ce site par l’intermédiaire d’Annie Ernaux dont j’admire l’œuvre littéraire ainsi que son engagement.
    Ce livre est un événement, il éclaire le discours insidieux des grandes surfaces qui nous incitent à consommer toujours plus de produits souvent inutiles et fabriqués à coût très faibles dans les pays émergents. Nous fréquentons tous les grandes surfaces, grâce à ce livre nous voyons différemment ces nouveaux espace de vie.
    La seule question qui vaille : pourquoi on ne se révolte pas ? (page 67 du livre).
    Merci Annie pour ce livre "politique" et pour l’ensemble de tes livres.


  • " L’hypermarché comme grand rendez-vous humain, comme spectacle.." Je n’y avais jamais songé, mais c’est tellement vrai. Où, sinon dans le labyrinthe de ces rayons interminables, la mixité sociale existe-t-elle à ce point ?

    Dorénavant, j’aurai un autre regard en faisant mes courses !


  • Le premier livre de la collection que j’ai lu sans rien connaître du projet !



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