Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Jérôme

Urbaniste. S’intéresse aux idées et aux espaces, à ceux qui soutiennent les premières, et à ceux qui vivent les seconds. En quête de sens, d’impensé de sensible et d’insensé.


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Ses derniers commentaires

  • Bonsoir,

    Alors que le site vient de passer la barre des 100 récits publiés, je m’interroge parfois sur l’atteinte des objectifs que vous avez assignés à "raconter la vie". Je précise d’abord que je souscrit complètement à la volonté de faire émerger cette démocratie narrative des invisibles. Pour autant, au fil des lectures et du temps, je me demande si l’on ne s’éloigne pas un peu de cet objectif. En effet, en quoi la douleur d’un deuil ou celle d’une agression nous parlent-t-elles de notre époque ? n’est-ce pas universel au sens où cela ne caractérise pas notre société contemporaine ? Loin de moi l’idée de vouloir hiérarchiser les sujets ou de porter un jugement sur l’expérience relatée par certains auteurs ou encore moins sur leur style. Le principe d’un récit de tous par tous doit demeurer. Pour autant je me demande si le "tamis" éditorial ne devrait pas être resserré, ou alors ce sont peut-être les lectures transversales, comme en coupe, qu’il faudrait multiplier.
    Peut-être suis-je impatient que cette initiative fasse sens... Je vous remercie, quoi qu’il en soit, de l’avoir prise.
    Cordialement,
    Jérôme

  • Il y a en effet de la solitude dans nombre des récits, mais j’y vois aussi une sorte d’énergie. Il est beaucoup question d’ajustements, d’arbitrages, de bricolages, de contournement, parfois de renoncement. Je me demande si ne s’écrit pas sous nos yeux un "art de faire" pour se ménager une vie.

  • Hervé,
    on pourrait émettre l’hypothèse que si "le périurbain" (ce singulier est déjà un raccourci fâcheux) a été jusqu’alors mal considéré, c’est en grande partie parce qu’il s’est constitué en dehors de toute action publique coordonnée. Or personne, et ceux qui sont censés prévoir et organiser le territoire moins encore que les autres, n’aime à reconnaitre que les choses se sont passées là où personne n’a regardé. les espaces périurbains sont en quelques sorte la face illégitime de l’urbanisation, un impensé. Peut-être d’ailleurs tirent ils leur force (résilience, adaptabilité) du fait qu’ils sont constitué "off shore" des grands desseins publiques et que l’initiative citoyenne peut ainsi s’y déployer en grande liberté. La méthode collaborative que vous pratiquez, parce qu’elle place l’habitant au coeur, me semble la seule susceptible de comprendre et agir avec ces territoires à échelle humaine.

  • Une lecture savoureuse. Un texte syncopé au rythme du fast-food. Une noirceur à faire passer Cioran pour un optimiste béat. Le retour du cochon comme propre de l’homme. Un texte qui laisse un goût (de frite ?) étrange, aussi enthousiasmant sur la forme qu’il est désespérant sur le fond. On aimerait tellement que ce ne soit qu’une fiction pour ne pas se retrouver groin à groin avec ce type d’animal. Merci de votre témoignage.

  • Joli récit d’une première expérience de contrôle social qui peut déboucher au choix (et c’est cumulatif voire alternatif) à un sentiment de honte sociale ou a un sentiment d’injuste qui tous deux auront de multiples occasions de germer. Je me rappelle que j’étais très fier d’écrire "spécialisé" après "ouvrier", croyant qu’après tout c’était quand même mieux d’avoir une spécialité. Dérisoire volonté de se distinguer (qui plus tard se nichera dans la recherche de détails vestimentaires qui peineront à cacher que mes pulls, en fait, c’est ma mère qui les avait tricotés). Ironique erreur sémantique qui me faisait penser du haut de mes 10 ans qu’être ouvrier spécialisé c’est quand même bien mieux qu’être ouvrier. La fiche de renseignement comme première tentative de dissimulation sociale en sorte.

  • Issu d’un milieu modeste, je suis moi aussi entré sous les ordres de la chouette Vara. Faute de savoir que type de classes existaient 6 mois avant d’y entrer je m’y suis rendu sans savoir à quoi m’attendre. A l’époque (c’était avant internet, une éternité) les moyens de s’informer dans un milieu populaire était encore moins développer ; Cela m’a sans doute empêché de "fantasmer" cette formation et d’ainsi de ne pas souffrir d’un décalage trop grand entre rêve et réalité. Il est probable que dans un une offre éducative mise en marché et de ce fait marchandisée, les parts de rêve et de récit prennent une place de plus en plus importante dans la détermination des parcours.
    Contrairement à Diouma, j’y ai trouvé de solides amitiés, une saine émulation intellectuelle et de quoi étancher ma curiosité. L’immense palette des conditions sociales qui peuplaient la classe a su s’exonérer des clivages de classes. Le fait que cela se soit passé en Province, territoire où la fracture territoriale est moins marquée qu’en région parisienne, a probablement aussi compté dans la manière dont j’ai vécu cette expérience. Le sentiment qu’éprouve Diouma de ne pouvoir s’inclure dans un milieu auquel on aspire pourtant, me fait penser au témoignage de Didier Eribon dans "retour à Reims" chronique des affres d’un habitus clivé : http://www.franceculture.fr/oeuvre-retour-à-reims-de-didier-eribon.html