Le roman vrai de la société d'aujourd'hui.
Soyez-en les personnages et les auteurs.

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Abby Asslem

Historienne des religions et doctorante en anthropologie. Je m’intéresse à la façon dont le rapport aux morts peut transformer le monde des vivants. Ce rapport à la mort et au fait religieux, que notre génération a dû vivre silencieusement, en marge de toute transmission familiale ou sociétale. Je pense à nos enfances dénuées de toute transmission religieuse. Au nom de la liberté. Et peut-être pour cela, notre génération qui a grandi entre les fragments de la chrétienté et le rien est particulièrement à même de parler du fait religieux. C’est ce cheminement entre deux mondes qui a le plus transformé ma vie. J’ai mené toutes sortes de quêtes, en silence, parallèlement à ma vie professionnelle. J’y ai découvert des lieux et des personnes formidables sans qui le monde ne serait plus qu’un grand MacDonald triste.


Récit

Rue Vaneau  

Avec ses souvenirs, l ’auteur évoque les échanges et écarts entre riches et pauvres.

La naissance rue Vaneau cachée sous les plis d’un manteau gris prêté par un camarade communiste m’a forgé une âme qui ne s’arrête ni chez les uns ni chez les autres.

Publication : 3 mars 2014

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1350

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Ses derniers commentaires

  • Ce site nous permet de lire tous ces récits pleins de vie que nous ne trouvons pas ailleurs. Un jour une amie médium m’avait dit "les seuls écrits capables de toucher l’âme sont les expériences vécues, les histoires inventées n’atteignent pas l’âme". Voilà, votre récit et tous ceux que j’ai lu ce soir touchent l’âme, lui donnent de la joie.

  • Omerta vient de omo « homme » et umirta, la contraction de umilita « humilité ». L’omerta relève donc des « hommes humbles ». C’est une loi du silence non-écrite, tacite, un vocable sicilien propre au champ lexical de la mafia. Ne nous étonnons pas que l’on parle de plus en plus d’une société de la défiance avec toute la détresse que cela génère. Comment renverser la vapeur ?
    Merci pour ce témoignage.

  • Un récit qui nous rappelle l’importance de l’entrelacement dans la ville : des entrelacs de bâtisses et de jardins, de rues privées et de quartiers populaires. La ville devrait être une mosaïque d’espaces différents habités par des personnes avec des besoins différents. La variété des personnages et des situations du récit mettent en avant cette cohabitation entre personnalités et habitats différenciés y compris comme le décrit si bien Françoise Delmas les oiseaux qui bénéficient de la mitoyenneté de plusieurs jardins.

  • Merci pour ce beau témoignage. Pôle emploi ne devrait plus d’exister ; ce n’est devenu qu’une machine à statistiques inexactes. Dans notre région il faut faire 50 km pour rejoindre l’agence qui correspond "au découpage territorial". Il n’y a aucun transport public et payer l’essence pour les 100 km aller-retour entre le sud-ouest de la Gironde et le Pôle attitré décourage les meilleures volontés. De nombreuses personnes ont demandé à être renvoyées sur des points Pôle-Emploi plus proches (Salles, Biganos..) mais l’administration refuse systématiquement. Les gouvernements successifs provoquent le découragement. L’encouragent. Lorsque les personnes concernées essayent de déménager elles se rendent comptent que c’est impossible de déménager (manque de logements, revenus insuffisants...). Personnellement je ne vois que deux solutions : le salaire universel (l’état ferait de sacrées économies en éliminant tous les Pôles emplois, les trajets inutiles, le stress des chercheurs d’emplois...) et une longue grève de maternité pour rétablir les équilibres essentiels.

  • J’ai adoré lire votre récit. Nous sommes si nombreux à avoir vécu la même chose sans que l’Education Nationale nous interroge ni tente jamais de comprendre ce qui rend tant d’élèves français malheureux. On ne pense jamais à l’individu, à son destin, à ses compétences. J’ai un ami argentin qui a été au Lycée Giordano Bruno de Buenos Aires, il me disait "le lycée français est à côté du lycée italien, j’avais des amis français, les élèves italiens étaient toujours heureux et les français tristes, c’était Jean qui rit et Jean qui pleure".
    Merci pour votre récit !

  • Chère Lou,
    Merci pour ce texte magnifique ! Cette opposition du Noir et du Blanc représente toutes les autres oppositions que les humains passent leur temps à construire. J’avais douze ans lorsqu’en nous avons quitté Haïti et sommes arrivés en Espagne. Je n’avais jamais entendu parler de Elton John (Elton John et Haïti c’était deux mondes) ; mon manque d’adhésion à Elton John me valu la mise à l’écart par les autres lycéens. Même vécu au niveau d’une bi-nationalité, êtes vous plus ceci ou plus cela ? ni l’un ni l’autre. Et puis maintenant je vois les discriminations avec l’âge, géantes mais "légales"...Merci encore !

  • Mes parents sont athées et j’ai pendant longtemps eu l’impression d’avoir vécu une enfance "en cage". Une enfance matérialiste où seuls le bifteck et les bonnes notes comptaient. Des années plus tard j’ai compris qu’il y a des vies athées magnifiques et des vies religieuses magnifiques. Ce qui compte c’est le cœur de chacun. Il y a des cœurs rayonnants qui illuminent la vie de tout un chacun et des cœurs éteints qui créent beaucoup de détresse. Les structures humaines ne sont que des miroirs. Chacun choisi la sienne.

  • Très beau récit. Nous sommes si nombreux à avoir souffert ou a souffrir du manque de logements à des prix accessibles. En 1983 le loyer d’un beau trois pièces rue de l’Espérance était de 300 francs (l’équivalent de 50 euros). Nous ne pouvons pas faire grand chose individuellement contre la flambée des prix et la spéculation (même si les APL ont décuplé la spéculation), mais nous aurions pu exiger de nos gouvernements qu’ils répartissent de manière plus équilibrée sur tout le territoire le travail, les opportunités, les universités, les grandes écoles, or les citoyens de ce pays continuent à admettre cette hiérarchie des villes et des territoires dominée par Paris.

    Et puis il y a la progression de la natalité qui apparemment rends les citoyens heureux. L’espace ne grandira pourtant pas. J’ai souvent suggéré que toutes les femmes fassent enfin une grève historique de maternité pour se poser un instant, observer le monde que nous avons créé et poser de nouvelles exigences à ceux qui nous gouvernent ; ça serait plus efficace que les indignés. Du jour au lendemain des maternités et des crèches vides, des écoles dépeuplées, les rêves de croissance sans limits remis en question.
    Mais pour l’instant, face à cet absolu manque de pragmatisme des citoyens, il n’y a que la solution très justement proposée par Christine Castillon qui tienne, la création de liens au sein de cette communauté.

  • Texte magnifique que je n’aurais peut-être pas compris si je ne sortais pas d’une expérience identique. Je pourrais confirmer tout le texte mot à mot.... les élèves qui ont décroché depuis des années et qui s’endorment sur leur cartable pour qui le Chef d’Etablissement dit : "nous ne pouvons rien faire, il faut les traîner jusqu’à la fin de la troisième, c’est la loi Haby".... idem pour ceux qui ne savent pas écrire. Les inspecteurs demandent aux professeurs de langues de ne pas trop en demander, "les langues c’est pour les statistiques". Quand j’ai demandé à un ancien pourquoi les choses se passaient comme cela il m’a répondu : "parce que c’est le règne de l’hypocrisie". Et à la sortie les parents se plaignent que "dans les classes il y a trop de bruit, c’est la faute du professeur." Mais surtout pas de vagues ni de remise à plat du système !
    Celui qui n’a jamais enseigné dans un collège n’imagine pas un instant ce qui s’y passe. Ce qui compte ce n’est ni l’avancement ni la notation réelle des élèves, mais celle de l’établissement et la place dans les statistiques de l’OCDE.
    Nos âgés peuvent encore penser que c’est la faute des professeurs, moi j’ai trouvé que les professeurs étaient héroïques et j’ai renoncé à poursuivre une expérience inhumaine et insensée.